La Bataille de Dazar'alor

Alors que les forces vives de l’Offensive Cramoisie combattaient ardemment dans les couloirs d’Uldir les abominations engendrées par le sang, une nouvelle menace commençait à se rapprocher insidieusement des rives de Zandalar.


Chapitre premier, l’arrivée d’une nouvelle menace

Ce n’était au début qu’un murmure, un frisson, tel l’écho provoqué par le lointain jet d’une pierre dans une mer sombre et calme.

Ce n’était une rumeur, charriée par les vents du nord. Qu’un souffle glacé s’abattant doucement mais inexorablement comme un hiver certain.

Ce n’était qu’un récit, n’ayant pour but que d’effrayer les jeunes zandalaris. Aux quatre coins de l’île planait le spectre d’une colère gelée portée par la mer. La sorcière de glace, la fille de la mer et du vent, arrivait, tenant à venger les siens.

Bientôt le froid se fit sentir jusque dans les recoins des déserts arides de Vol’dun. Bientôt l’on vit le départ de centaines d’oiseaux volant à l’unisson tel un ballet aérien, sentant arriver la menace bien avant les autres, ils fuyaient les contrées trolles. Bientôt la flore de Nazmir commença à se replier sur elle-même comme pour affronter un hiver d’une rudesse infinie qu’elle n’avait pourtant jamais connu.

Seuls les druides, toujours à l’écoute des forces de la nature, voyaient que cette dernière avait changé, sans pourtant s’en expliquer les raisons. Les druides décidèrent de réunir un conseil des sages afin de mettre des mots sur les phénomènes dont ils étaient les témoins. Ils cherchèrent des réponses auprès des Loas. Ces derniers restèrent cependant muets à toutes leurs prières. Alors les druides n’eurent de cesse de contempler la nature, d’écouter le vent, et de sonder les eaux. Malheureusement, l’histoire tragique qui est par ces mots racontée veut qu’ils ne trouvèrent la réponse à leurs interrogations que bien trop tard, que lorsque le danger était à portée de leurs côtes, et que la marche de l’Histoire ne pouvait plus être arrêtée.


Chapitre deux, l’Alliance aux portes de Zuldazar

Zi échappa à la vigilance de sa mère. Il aimait regarder la mer aux premières lueurs du jour. Il s’imaginait guerrier tel Vol’jin combattant les ennemis de son peuple. Bien qu’il n’eût que 6 ans, jamais il ne se déplaçait sans sa petite épée de bois. « Un vrai Zandalari », lui disait sa mère, le regard empli de tendresse.

Alors qu’il jouait sur la plage à combattre des chimères, son regard fut attiré par un étrange mouvement sur l’eau. Il s’en approcha, laissant tomber son épée, comme hypnotisé. Jamais il n’avait vu cela, et jamais n’avait-il entendu sa mère ou même les anciens parler d’un tel phénomène. L’eau commençait à geler. Zi voyait qu’elle devenait plus opaque, il lui était devenu impossible d’en voir ni les poissons, ni le fond.

Le jeune troll commença à se rapprocher doucement. Alors que de son orteil il s’apprêtait à toucher l’eau sa mère poussa un cri au loin. Zi se tourna lentement, suspendant de quelques secondes le mouvement de son pied. Cependant, il était trop tard pour qu’il arrêta totalement son pied. A la seconde où son tout petit orteil toucha l’étendue gelée, le jeune troll se figea et son corps tout entier se transforma en glace, sous les yeux horrifiés de sa mère qui ne pu arriver à temps. Elle se laissa tomber aux pieds de son enfant, suppliant Bwonsamdi de le lui rendre. Tandis qu’elle pleurait, la brume matinale se dissipa, et une forme au loin attira son regard. Sheleja leva les yeux. Ils étaient là. De nombreux bateaux de guerre aux voiles si blanches qu’elles reflétaient la lumière du soleil. Ils avançaient sur la mer gelée, glissant sur elle. A la proue du premier bateau, qui était le plus imposant, Sheleja pouvait maintenant la distinguer. La fille du vent salé, sa longue natte blonde flottant au vent.

Il fallait prévenir le Grand Sceau, l’Alliance était à leur porte. Sheleja se releva et courut en direction de la capitale, non sans avoir jeter un dernier regard à son enfant pris dans la glace. La Horde devait être prévenue.


Chapitre trois, le leurre de l’Alliance

La Princesse Talanji et la plupart des troupes zandalaris se trouvaient en Nazmir afin d’intercepter les navires de l’Alliance qui selon toute vraisemblance comptaient attaque l’Empire par les marécages du nord.

Lorsqu’elle arriva sur zone avec ses troupes ainsi qu’avec certains des guerriers de l’Offensive qui étaient restés au Grand Sceau afin d’assurer la protection des lignes arrières, la Princesse se rendit compte de son erreur. Elle se tourna alors vers Coxinhell.

« Prêtre, veuillez partir en reconnaissance avec deux autres de vos compagnons. Ratissez la zone, trouvez des indi… »

Ses mots restèrent suspendus dans l’air, une explosion venait de se faire entendre. Elle était d’une telle force que tous la ressentirent dans le sol. Lifestorm et Noazette, les chamans de l’escouade, furent les plus ébranlés par l’agonie de la terre. Ils étaient, à l’instar des druides, les plus proches des forces de la nature et des éléments. Lifestorm se tourna vers Talanji :

« L’air est rempli de feu, Princesse, les éléments se mêlent les uns aux autres. L’eau est agitée, son état est bouleversé. »

A ces mots, la Princesse se tourna vers Zuldazar d’où s’échappait une épaisse fumée. L’Alliance les avait bernés. Leur plan n’avait jamais été d’attaquer Nazmir.

« Nous devons retourner au Grand Sceau en urgence. Nous devons aller porter secours à mon père. Chevauchez sans vous arrêter hérauts. L’Alliance va payer pour cet affront. 

  • Princesse, l’interpella Dokcina, je peux nous ouvrir un portail qui nous conduira directement au Grand Sceau. De là, nous pourrons arriver plus rapidement au port.

  • Bien, partez avec vos compagnons Mage, je dois aller faire quérir des soldats se trouvant à l’ouest. Mes troupes vous rejoindront dès que possible. Hâtez-vous, ralentissez l’avancée de l’Alliance par tous les moyens possibles. »

Dokcina opina, et entreprit d’ouvrir un passage pour ces compagnons. Le Mage procéda à une distorsion de l’espace afin d’en créer une faille lumineuse. L’on pouvait à cet instant apercevoir le Grand Sceau à travers le portail, ses couleurs chatoyantes composées d’or et de rouge contrastant parfaitement avec les couleurs plus sombres du marécage. Les chevaliers de la mort, Lyzirio et Katro passèrent les premiers afin de s’assurer que la voie était libre pour leurs compagnons. Bien qu’ayant fait preuve tout au long de son existence d’un courage sans faille, une angoisse pointait dans le cœur de Lyzirio. En effet, il était sans nouvelle de son épouse Vaarpen et de son frère Lehzy qui étaient tous deux partis pour combattre dans les cavernes d’Uldir. Ainsi, juste avant de passer définitivement le portail, Lyzirio jeta un ultime coup d’œil sur Nazmir, sachant pertinemment qu’il risquait de ne plus revoir les êtres qu’il aimait le plus.

Les trois paladins, Haatori, Allaeria et Honaka, leur emboitèrent rapidement le pas, afin de sécuriser encore plus l’arrivée du reste des troupes de l’Offensive. Lifestorm et Noazette se changèrent en loup et traversèrent d’un bon la barrière bleutée. Nävi les suivit de près. Alors que Coxinhell s’apprètait à traverser le portail, il s’arrêta net. Un de leur compagnon était manquant.

« Hisoka ? Hiso ? Où es-tu ? » Coxinhell fit un rapide tour de la zone à la recherche du voleur. Il était sur le point de passer le portail lorsque le voleur réapparut devant lui.

« On peut savoir où tu étais passé ?

  • Les plantes de Nazmir sont très riches. Elles font de bons poisons. Et je commençais à manquer. Un voleur ne saurait se lancer dans la bataille sans poison.

  • …Ces voleurs…

  • Bon c’est quand vous voulez les mecs, s’impatienta Dokcina, vous savez qu’à une époque on se faisait payer pour ouvrir des portails ! »

Coxinhell et Hisoka se regardèrent en souriant pendant qu’ils passaient au Grand Sceau, Dok et Lindispo radotaient en effet souvent sur les temps jadis et sur l’utilisation des portails par les mages. Dokcina attendit que ses camarades soient tous passés. Il prit alors une minute pour embrasser des yeux les paysages de Nazmir. Le mage aimait cette zone, elle avait un côté mystérieux et lui rappelait les histoires trolles que ses anciens lui racontaient. Il savoura cette minute, craignant de ne plus la revoir. Le portail se referma sur lui, plongeant Nazmir dans le silence.

L’Offensive se trouvait dès lors sur deux fronts. L’avant-garde bataillant toujours en Nazmir, pendant que l’arrière garde devrait affronter l’Alliance à Zuldazar. Il était prédit que ces deux batailles changeraient à jamais le visage de l’Offensive. Mais c’était dans les moments les plus durs de l’Histoire que l’Offensive avait fait preuve d’une force et d’un courage sans faille. Encore une fois allait-elle prouver sa valeur, quitte à mettre en péril son existence. Tous étaient prêts à mourir, pour l’Honneur, et pour la Horde.


Chapitre premier, repousser l’Alliance

Grâce à son Loa, Gonk, Sheleja était rapidement arrivée au Grand Sceau. Ainsi, elle avait pu donner l’alerte rapidement, cependant, il était déjà trop tard. Alors qu’elle s’entretenait avec le Roi Rastakhan, une déflagration se fit ressentir, venant du port. L’Alliance venait de pénétrer dans Zuldazar et ses troupes commençaient inexorablement leur marche sur Dazar’alor.

Malheureusement, les troupes zandalaris se trouvaient bien loin du Grand Sceau. La Princesse Talanji était en effet partie deux jours plus tôt pour tenter d’intercepter l’Alliance en Nazmir.

« Ces chiens de l’Alliance se sont joués de nous ! hurla Rastakhan. Gardes, faites quérir dans tout Zuldazar les guerriers en âge de tenir une arme. Qu’ils rejoignent au plus vite Dazar’alor, prêts à se battre. L’Empire zandalari va écraser cette Alliance, parole de roi. Envoyez également un messager au près de ma fille de toute urgence afin qu’elle revienne au plus vite avec ses troupes. »

A peine avait-il prononcé ces mots qu’un portail s’ouvrit au milieu du Grand Sceau duquel l’on pouvait distinguer, de l’autre côté, le marécage vert de Nazmir. Katro fut le premier à le franchir et à mettre le pied dans le hall.

« Votre Majesté, notre mage nous a ouvert un portail. Nous avons vu le feu, et ressenti l’explosion depuis Nazmir. Votre fille nous fait vous avertir qu’elle est partie chercher le concours de troupes à l’ouest de Nazmir avant de marcher sur Zuldazar. En les attendant, Votre Majesté, l’Offensive Cramoisie va tâcher de ralentir la progression de l’Alliance.

  • Merci à vous héros. Je crains que l’Alliance n’ait déjà fait une percée dans notre cité et qu’ils soient déjà arrivés au Zocalo.

  • Votre Majesté, commença Allaeria, nous pouvons les prendre à revers. Nous aurons l’effet de surprise pour nous. Je propose que nous partions du Grand Sceau par la route nord-ouest et tourner au dernier moment en direction de Zanchul. Si nous arrivons par le pont, nous perdons l’effet de surprise. Il faut arriver par derrière.

  • Vous avez mon entière confiance. Essayez de les repousser, je vais les attendre dans les profondeurs de la pyramide de Dazar’alor. S’ils croient pouvoir me tuer si facilement ! Ils se trompent ces chiens ! Mon Loa…il me protègera ! »

Allaeria salua respectueusement le Roi Rastakhan, ignorant encore que c’était là la dernière fois qu’il le voyait. Le paladin fit ensuite signe à ses compagnons de le suivre dans la salle des coffres d’où ils se préparent tous dans le silence, malgré les tentatives de Haatori pour détendre l’atmosphère. Une sombre histoire sur la beauté des femmes Tauren qu’aucun ne compris, car jamais ils n’avaient eu l’occasion d’en rencontrer. Bien qu’en réalité, ils en avaient sûrement croisées mais les avaient prises pour des Tauren mâles.

Une fois qu’ils furent tous prêts, ils se mirent en rapidement en marche. Il leur fallait rattraper leur retard, sans cependant gâcher leur effet de surprise. La discrétion était l’élément central de leur plan. Ainsi, ils utilisèrent tous les moyens à leur portée pour accélérer le pas, sans faire appel aux redoutables Pterreurdactyles des Zandalaris. Les plumes de Nävi et Coxinhell, les deux seuls prêtres de l’expédition, furent particulièrement appréciées, et notamment par les deux chevaliers de la mort, par forcément connu pour leur extraordinaire vitesse de déplacement. Ce problème n’était nullement partagé par les deux chamans et leur forme de loup, ni même par Hisoka qui pouvait se propulse grâce à son grappin à plusieurs mètres et ce avec une agilité remarquable. Les paladins pouvaient compter, quant à eux, sur leurs montures rapides et silencieuses, leur permettant de sprinter sur des courtes distances. Dokcina quant à lui était bien content d’avoir appris à maitriser parfaitement la double téléportation lors de ses études. Et dire que certains mages préféraient s’en passer…ça le dépassait.


Chapitre deux, la bataille pour Dazar’alor

La Paladine Sombrefer

Ils marchaient depuis un peu moins d’une heure quand ils arrivèrent aux pieds de la pyramide zanchuli. Allaeria rassembla ses compagnons autour de lui afin de mettre en place une stratégie.

Les éclaireurs zandalaris avaient essayé de leur fournir le plus d’informations possible. Les troupes de l’Alliance s’était dispersées et un petit groupe de héros était en train de combattre Ra’wani Kanae et ses renforts, au port de Zuldazar. Cette attaque devait servir de diversion pour permettre à d’autres troupes d’élite de se frayer un chemin à travers la capitale zandalari.

Frida Soufflet-de-fer, appelée également la Championne de la Lumière, faisait partie de ces troupes d’élite ayant réussi à remonter depuis le port de Zuldazar. Elle avait été chargée de garder l’entrée du Zocalo afin d’intercepter toute riposte de la Horde venant du nord.

Les informations qu’ils avaient reçues leur permettaient d’en apprendre plus sur leur premier adversaire. Frida, naine sombrefer de son état, était une paladine extrêmement douée et puissante. Elle ne gardait pas seule l’entrée du Zocale, étant épaulée par des disciples et des croisés. A l’évocation de son nom, un des compagnons d’Allaeria tressaillit.

« Je connais Frida, commenta Lifestorm d’une voix sombre. »

Tous connaissaient le passé du jeune chaman. Tous savaient qu’il avait jadis combattu aux côtés de l’Alliance. Tous étaient cependant conscients de sa loyauté. Il était un combattant de l’Offensive Cramoisie, jamais il ne trahirait ses compagnons d’arme, même si cela devait signifier qu’il doive s’opposer à certains de ses anciens amis.

« Je veux essayer de lui parler, de la raisonner. Elle m’écoutera.

  • Life, on ne peut négocier avec eux. Ils sont prêts à nous tuer. Qu’importe les anciennes amitiés.

  • Je t’en prie Coxi, laisse-moi essayer. Laissez-moi y aller seul. Si jamais je sens que ça dégénère, je vous appelle. Je dois essayer Coxi, s’il-te-plait. Si on s’engage sur la voie de la guerre, il n’y aura plus de retour possible.

  • Mais c’est eux qui viennent de la déclencher Life, s’impatienta Honaka, ils sont conscients de leurs actes.

  • Je suis d’accord avec Life, commença Noazette, vous pouvez toujours attribuer ça à de la solidarité chamanique. Je pense cependant qu’on ne perd rien à le laisser faire.

  • Bien, trancha Coxi, tu peux y aller, mais au moindre signe qui laisserait à penser que la situation serait sur le point de dégénérer, on arrête les négociations. Compris ? »

Life hocha la tête en signe de remerciement. Il se transforma en loup, prit une grande inspiration et se dirigea droit vers Frida. Coxi attendit que Life lui tourne le dos. Il fit doucement un signe de la tête à Hisoka. Ce dernier disparut sous les yeux de ses camarades et se mit à suivre le chaman sans faire de bruit.

« Honaka, appela Coxi, au moindre problème je veux que tu lances une bénédiction de protection sur Life. Allaeria quant à toi, soit prêt à envoyer un marteau sur cette Sombrefer. On doit se tenir prêt à ce que Life échoue. »

Life avançait d’un pas calme vers Frida, tout en se remémorant les bons moments qu’il avait passés avec la paladine. Ils s’étaient croisés de nombreuses années auparavant, alors que Life arborait les contrées de feu dans les Royaumes de l’Est. Là, il avait rencontré un petit groupe de nains sombrefer qui cherchait à fuir la domination de Ragnaros et souhaitait se rapprochait de leurs cousins, restés à Forgefer, alors qu’ils en avaient été bannis lors de la Guerre des Trois Marteaux. Ce groupe était mené par Moira Thaurissan, reine régente des Sombrefer, qui était elle-même épaulée par Frida. Life avait rapidement noué un lien d’amitié avec la jeune paladine qu’il trouvait drôle et particulièrement rusée. Ils s’étaient cependant perdus de vue au cours des années qui suivirent, le chaman ayant décidé de continuer son chemin, chemin qui le mena dans la Horde.

Ainsi, voilà qu’il se trouvait de nouveau devant Frida. Il ne la reconnut pas immédiatement. Elle avait changé. Elle avait vieilli.

« Frida ! l’interpella Life. »

A ces mots, la paladine sur sa monture se tourna. Son visage se durcit lorsqu’elle aperçut le chaman.

« Lifestorm ! Cela fait bien des vies que nous nous sommes croisés. J’ai appris que tu chevauchais aux côtés de la Horde.

  • Et moi que tu chevauchais aux côtés de l’Alliance. Je croyais pourtant que tu voulais garder ta neutralité et ta liberté. Sombrefer pour toujours, et Sombrefer uniquement. N’était-ce pas ce que tu avais l’habitude de dire.

  • Les Sombrefer ont changé. J’ai changé, comme toi apparemment. Que veux-tu petit chaman ?

  • Te parler.

  • Je n’ai que faire de tes paroles. La Horde détruit tout sur son passage. Ce n’est qu’un juste retour des choses.

  • Ne fais pas ça Frida, tu déclenches une guerre que tu ne pourras maîtriser.

  • Mais la guerre est déjà Life, ne la vois-tu pas, ne la ressens-tu pas dans les éléments ? Elle n’est pas du fait de l’Alliance. Tu ne peux arrêter l’orage qui vient du nord, tu ne peux t’interposer devant des flots déchaînés.

  • Je te combattrais s’il le faut.

  • Hahahahaha, TOI, me combattre. Mais je n’ai pas peur de toi. Tu n’es qu’une chose insignifiante à mes yeux, qu’un cafard que j’écraserais avec le talon de ma botte. »

C’est alors qu’elle se tourna vers le croisé se trouvant à sa gauche.

« Tue-le. »

Le croisé se saisit de son marteau et le lança en direction de Life. La violence du coup aurait pu le tuer. Cependant le marteau ne fit que rebondir sur le chaman et fut renvoyé directement en pleine tête du croisé.

« Mais qu’est-ce que…Une bénédiction de protection !! s’écria Frida. Tu m’as bernée. Aux armes, croisés !! »

Hisoka surgit alors des ombres et assomma un premier croisé, puis un deuxième, laissant ainsi assez de temps au reste de leurs compagnons pour arriver devant Frida. Lyzirio et Katro se regardèrent pendant une fraction de seconde avant de se jeter sur la paladine. Le combat commença.

Bien que la Championne de la Lumière fut épaulée par nombres d’alliés, principalement des croisés et des disciples, les héros de l’Offensive jamais ne faiblirent. Soutenus par leurs healers Honaka, Nävi et Noazette, les chevaliers de la mort étaient sur tous les fronts. Des marteaux fusaient dans les airs, émanant tant de Frida et de ses croisés que d’Allaeria et d’Haatori. Les deux paladins effectuaient là un véritable ballet, décimant les alliés sombrefers comme de vulgaires poupées de chiffon. Life et Coxi de leur côté n’avaient de cesse de mettre sous pression Frida tout en l’attaquant à distance, leur permettant ainsi de rester hors de portée des attaques croisées.

Le combat fut long. Mais l’Offensive en sortit victorieuse. Alors que Katro et Lyzirio maintenaient la pression sur Frida, ils furent rejoints par la totalité des leurs compagnons qui avaient décimé les alliés de la paladine. Ensemble, ils attaquèrent de front la naine sombrefer qui chuta de sa monture. C’est alors que Life fit apparaitre une explosion de lave. Cette dernière traversa le champ de bataille et s’abattit sur Frida. Le choc projeta tout le monde en arrière, les membres de l’Offensive, tout comme leur ennemie. Lorsque la fumée s’évapora, lorsqu’ils se relevèrent tous, Frida était morte.


Le sacrifice de Grong

Ils venaient à peine de terrasser la Championne de la Lumière que le sol se mit à trembler sous leurs pieds. Les murs de Zanchul vibraient. Une chose immense arrivait au Zocalo.

Les combattants de l’Offensive, bien qu’épuisés par le combat qu’ils venaient de mener contre Frida, se remobilisèrent, prêts à affronter ce nouvel ennemi. Cependant, ils virent rapidement que ce n’était pas un ennemi qui approchait. Bientôt Grong se trouva devant eux. Ce gorille impressionnant, Seigneur de la Jungle, était une créature d’une rare intelligence. Il s’approcha du petit groupe pour leur faire savoir qu’il était prêt à se battre pour l’Empire zandalari et contre l’Alliance. L’annonce de Grong fut un soulagement pour la compagnie, combattre avec lui à leurs côtés était un atout de taille.

Alors qu’ils prenaient quelques instants avec le Seigneur de la Jungle pour trouver le meilleur angle d’attaque, un messager accourut, essoufflé, et porteur d’une terrible nouvelle. Les troupes de l’Alliance avaient décimé Ra’wani Kanae et ses alliés, et étaient actuellement en train de combattre contre Ma’ra Croc-Sinistre et Anathos Mandefeu. Ces derniers tentaient de repousser les assauts de l’Alliance aux pieds de la pyramide de Dazar’alor. Il fallait se hâter. Ils étaient le dernier rempart protégeant l’entrée de la pyramide.

La petite troupe n’eut le temps de mettre en place une stratégie de combat, il fallait se mettre rapidement en route. Accompagnés de Grong, nos amis chevauchèrent jusqu’à la Terrasse des Artisans. C’est alors que l’indicible se produisit.

La pyramide de Dazar’alor était à leur portée, ils la voyaient. Ils pouvaient apercevoir Ma’ra et Anathos combattre vaillamment. Cependant, ils s’aperçurent que les deux maîtres ne devaient pas uniquement combattre une troupe de l’Alliance. De fait, deux maîtres du Jadefeu s’étaient joints à la bataille, la déséquilibrant complètement. L’arrivée de l’Offensive et de Grong allait permettre rééquilibrer le combat, et ils entendaient tous prendre le dessus sur l’Alliance.

Alors qu’ils n’étaient plus qu’à quelques mètres du centre du combat, Mestrah l’Eclairée, la Draeneï, se tourna vers eux. D’un ordre sec, elle commanda à des Primatraqueurs de se jeter sur le Seigneur de la Jungle. La troupe de l’Offensive n’eut point le temps de réagir que déjà les traqueurs s’étaient jetés sur Grong, le bombardant sans répit. Au prix d’un immense effort, le gorille parvint cependant à les repousser. Mais il était déjà trop tard.

Haatori s’approcha de Grong. Le Tauren appela le Seigneur de la Jungle pour s’assurer qu’il allait bien. C’est alors que la créature poussa un cri qui déchira l’air, glaçant le sang de tous ceux qui l’entouraient. Le gorille se dirigea droit sur l’Offensive, prit d’une colère colossale. Leur allié était devenu leur ennemi. Les assauts des Primatraqueurs lui avaient fait perdre la tête. Cependant, aucun ne voulait se résoudre à combattre une créature si majestueuse. Haatori essaya dans un premier temps d’apaiser Grong, sans succès.

« Nous n’avons plus le choix, hurla Coxi, nous devons le tuer !

  • Si nous le tuons, nous perdons notre arme principale contre l’Alliance, lui répondit Haatori.

  • Haatori, nous n’avons plus le choix, tenta de le raisonner Allaeria, si nous ne le tuons pas, il nous tuera, lui. »

A cet instant, Lyzirio eut une idée.

« Life, pars en forme de loup prévenir Nathanos, qu’il nous envoie une Valkyre d’urgence. Beaucoup de situations sont immuables, mais s’il y a une chose que je sais, c’est que la mort n’en fait pas partie. »

Pendant que Life quittait ses camarades, le reste de la troupe engagea le combat contre Grong. Ils ne durent pas affronter que le Seigneur de la Jungle rendu fou, mais également des hordes de Primatraqueurs qui cherchaient à déclencher par leurs attaques de terribles et dévastatrices crises de fureur. Chacune de ces crises étaient susceptibles de tuer la totalité du groupe. Ce combat contre Grong permit de créer une véritable diversion pour l’Alliance qui parvint à anéantir Ma’ra Croc-Sinistre et Anathos Mandefeu.

C’est uniquement grâce à la valeur de leurs healers que l’Offensive pu survivre face à Grong. Dans un dernier effort surhumain, la petite troupe vainquit Grong. Le Seigneur de la Jungle s’écroula sur le sol, poussant un dernier râle. Son souffle chaud balayant la flore de la Terrasse des Artisans. Une larme de douleur s’écoulant sur sa joue velue. Il ne souffrait plus. Mais que le prix à payer était cher.

Tous étaient ébranlés par la mort d’une telle créature. Et particulièrement Haatori. En effet, le Tauren avait toujours admiré Grong. Il s’agenouilla auprès de la carcasse du Seigneur. C’est alors que Lyzirio s’approcha de lui, il posa une main sur l’épaule de son compagnon, tandis qu’une Valkyre descendait du ciel.

« Je sais que tu es contre ce genre de pratique Haatori, mais c’était le seul moyen. »

Tous furent témoins de la résurrection du Seigneur de la Jungle. Cependant, il n’avait plus rien de la créature majestueuse qu’il était auparavant. Il vivait, certes, mais sous un aspect difforme. Grong poussa alors un rugissement d’une force telle que tous les autres bruits de la nature et des hommes s’arrêtèrent.

Le Seigneur déchu se jeta d’un bond sur les troupes de l’Alliance pendant que l’Offensive partit affronter Mestrah l’Eclairée et Manceroy le Poing de Feu.


Les Maitres du Jadefeu

Ils n’eurent pas le temps de panser leurs blessures, ni celui d’affuter leurs armes. Les healers burent rapidement des potions de mana afin de recouvrer leurs forces. Elles allaient être mises à rude épreuve par le combat qui se profilait aux pieds de la majestueuse pyramide de Dazar’alor.

Maintenant que Grong assénait des ses énormes poings des frappes dévastatrices sur les lignes arrières de l’Alliance, l’affrontement contre les maîtres du Jadefeu pouvait commencer. Katro prit le temps de grignoter un kultiramisu, qui n’était, certes, pas bon pour sa ligne, mais qui avait un effet bœuf sur son moral. Le chevalier de la mort décida d’attaquer Manceroy, le mage, emmenant dans son sillage Haatori, Allaeria, et Noazette qui vint leur prêter main forte, délaissant par là même son statut de healer. Lyzirio de son côté fut assisté par les deux casteurs Lifestorm et Coxinhell, ainsi que par Hisoka. Les poisons du voleur, pensaient-ils, pourraient ralentir la moniale Mestrah.

Ils ne s’attendirent pas à un tel combat. En effet, avec une agilité impressionnante, Mestrah et Manceroy parvinrent à plusieurs reprises à échapper à leurs assaillants.

Alors que Coxinhell frappait Mestrah d’une multitude d’éruption du vide, la moniale se téléporta en instant à l’autre bout de la zone et se mit à tourbillonner, infligeant énormément de dégâts à l’ensemble des compagnons.

« HISOKA !! hurla Lyzirio qui tenta de rejoindre sa cible, essaye d’aller l’arrêter. »

Avec une célérité impressionnante, Hisoka, d’un coup de grappin, se hissa au niveau de Mestrah pour lui asséner de nombreux coups. Choquée, la moniale cessa ses tourbillons, permettant ainsi à Lyzirio de foncer sur sa proie. Elle n’avait cependant pas dit son dernier mot. Par un sort qu’aucun ne connaissait, Mestrah téléporta Lyzirio hors de portée de ses camarades. Il fut projeté au-dessus du champ de bataille devant affronter des images de lui-même créées de toute pièce par la moniale. Mais le chevalier de la mort en avait vu d’autres. Les tours de Mestrah ne l’impressionnaient guère. Avec une dextérité remarquable, il parvint à se jouer de la moniale et fut ramené sur la terre ferme. Ce retour marqua la fin pour la maitresse du Jadefeu qui fut transpercée une dernière fois par la dague empoisonnée de Hisoka.

Au même moment, Manceroy réussit, dans une ultime tentative pour sauver sa vie, par un transfert, à se mettre hors de portée de ses assaillants. S’entourant d’un bouclier, il visa Nävi d’une déflagration pyroclastique. Les paladins tentèrent en vain de mettre fin à l’incantation du mage en brisant son bouclier. La déflagration fendit l’air, brulant tout sur son passage. Elle frappa de plein fouet le prêtre, le tuant sur le coup. C’est alors qu’il se changea en ange, assurant la survie de ses compagnons, et condamnant Manceroy qui ne put parer les jugements combinés des deux paladins.

Katro soupira, la victoire était acquise. Il se tourna alors vers son healer dont le corps calciné reposait sur le sol de Dazar’alor, Coxinhell a ses côtés ne pouvait plus le ramener à la vie, il n’en avait plus la force. Katro était le seul à qui il restait encore assez de force pour défier la mort et ressusciter Nävi. Il se pencha sur le corps de son ami, posa une main sur son front brûlant, et ferma les yeux. Au bout de quelques minutes, la lente combustion du prêtre cessa, les chairs calcinées disparurent, et la vie revint en lui.

« Oh putain…il faisait chaud un peu non ! s’écria le prêtre à peine ressuscité. Merci Katro, pendant un instant, j’ai vu Bwonsamdi m’ouvrir ses bras. 

  • Tu nous as sauvé Nävi, j’aimerais nous n’aurions laissé Bwonsamdi d’emporter si facilement. 

  • Les mecs, venez vite, leur hurla Honaka. On a un sérieux problème ! »

Tous accourèrent. Le corps sans vie de Grong gisait aux pieds des escaliers menant à la pyramide. De nombreux corps inertes l’entouraient, mais il y en avait peu. Et c’était mauvais signe. Hisoka descendit afin de rendre compte de la situation.

« JE VOIS DES TRACES DE PAS, leur hurla-t-il. ILS ONT TROUVE UN PASSAGE ! Ils ont dû profiter de notre combat contre les maîtres du Jadefeu pour passer. A l’heure qu’il est, ils doivent déjà être à l’intérieur de la pyramide. Les traces que j’ai trouvées passent sur le côté de la pyramide.

  • Redescendons, proposa Allaeria, et suivons leurs traces. Nous devons entrer dans cette pyramide.

  • Nous devons surtout nous reposer, lui répondit Honaka, nous sommes encore trop faibles, nous ne pourrons tenir très longtemps, surtout s’ils sont nombreux.

  • Envoyons alors Life et Noazette en éclaireurs. »

Tous acquiescèrent à la proposition d’Allaeria. Les deux chamans partirent en forme de loup et furent aux pieds des escaliers en deux bonds. De là, ils suivirent les traces qu’Hisoka avaient indiquées. Ils trouvèrent rapidement ledit passage, mais se rendirent compte par là-même qu’il était trop tard, et que le destin du Roi Rastakhan n’était plus entre leurs mains.

« On a vu le passage avec Life. Ils ont réussi à faire un trou dans la pyramide pour s’y faufiler. Malheureusement ils ont détruit ce passage. D’énormes blocs de pierre le bloquent. Il nous faudrait bien trop longtemps pour le déblayer. Nous ne sommes pas assez nombreux, et nous manquons de force. Et nous ignorons combien d’heures d’avance ils ont sur nous. Je propose que nous rentrions au Grand Sceau. Nous devons riposter. Nous défendons depuis trop longtemps. Le temps est venu pour nous d’attaquer l’Alliance directement au port. C’est la seule chose qui nous reste à faire. »


Chapitre trois, la chevauchée de Talanji

Bien loin des combats pour la reprise de Dazar’alor, la Princesse Talanji continuait d’arpenter les étendues marécageuses de Nazmir à la recherche de renforts. Elle avait décidé de diviser ses effectifs afin de gagner du temps. Ainsi, alors que la Princesse et sa garde rapprochée, composée de la troisième troupe d’élites de l’Offensive, se dirigeaient vers l’est et les ruines de Nazwatha, le reste des troupes zandalaris était parti solliciter l’aide des Volduni dans les contrées désertiques de l’ouest.

Talanji savait qu’une garnison d’ingénieurs gobelins occupait les ruines et combattait ardemment les nagas qui avaient investi la zone. Il leur fallut plusieurs jours de marche avant d’arriver à leur destination. Cependant, l’Alliance avait décidé de renforcer ses positions dans la région, afin de tuer dans l’œuf toute tentative de représailles de la Horde.

Ils s‘apprêtaient à traverser la rivière pour rejoindre l’île de Nazwatha lorsque Goodlife, qui devançait ses camarades de quelques mètres, s’arrêta net. Il sonda de sa vision de chasseur de démons les alentours. Une forme avait attiré son attention. Des espions du SI :7 se trouvaient droit devant, leur bloquant le passage. Or, Talanji et ses compagnons, n’avaient pas le temps de changer de direction. Traverser la rivière était le moyen le plus rapide pour se rendre aux ruines de Nazwatha, et ils ne pouvaient se permettre de perde davantage de temps.

Lorsque la petite troupe fut arrivée à la hauteur de Goodlife, ce dernier les informa de la situation.

« J’ai repéré au moins trois agents du SI :7, mais je pense que la zone en est truffée. Välentin, exfiltre la Princesse, met-la en sécurité. Ne la quitte pas d’une semelle. Boom et Hito, ratissez la zone. Tuez tous les agents que vous trouverez. Je ne pense pas que nous ayons été repérés pour l’instant, mais j’ai bien peur que ça ne soit qu’une question de minutes. »

A peine avait-il fini sa phrase que plusieurs assassins de l’Alliance sortir des ombres et se jetèrent sur la petite troupe. Zaidka fit alors apparaitre une armée de démons afin de faire gagner du temps à Välentin qui venait d’attraper Talanji par le bras afin de l’exfiltrer.

« Venez Princesse, nous ne pouvons rester là, c’est trop dangereux. »

Alors qu’ils étaient en train de chevaucher en direction des ruines de Zul’jan, au sud de Nazmir et à la frontière de Zuldazar, une petite troupe de l’Alliance parvint à les intercepter.

« Chevauchez sans vous arrêter Princesse, rentrez à Zuldazar avec les troupes restées à Zul’jan. Je vais les ralentir, et vous faire gagner du temps. »

Talanji acquiesça et son raptor fendit les airs. Välentin quant à lui se tourna vers ses adversaires. Cinq contre un…facile. Le jeune paladin en avait vu d’autres. Il était, malgré son âge, déjà bien aguerri et avait vu beaucoup de batailles. D’une main ferme il empoigna son marteau. Il devait repousser ses adversaires afin d’assurer la fuite de Talanji. Ses compagnons ne tarderaient pas à le rejoindre. Ils avaient dès le début de leur périple décidé qu’en cas d’attaque de l’Alliance en Nazmir, ils se replieraient sur Zul’jan.

Alors que Välentin combattait vaillement en retrait, le deuxième groupe avait fort à faire, car attaqué de toutes parts par plusieurs troupes de l’Alliance. Ce groupe était composé des frères druides Züko et Spootzy, des voleurs Boom et Hito, ainsi que de Zaidka le démoniste, dont le frère jumeau Zedka combattait dans les salles obscures d’Uldir. Il y avait également Goodlife, le chasseur de démons, Fistochicken, le mage, et le célèbre Pneumateek l’Increvable. Le moine, de son vrai nom Krabbz, s’était vu octroyer son surnom grâce à son incroyable ténacité pendant les nombreux combats qu’il avait menés.

De tous les membres de cette troupe, Züko et Krabbz étaient les plus aguerris. Le moine était le plus ancien, quand le druide était celui ayant vu le plus grand nombre de combats. Il était le Cauchemar de l’Alliance, le fléau de la Horde. Son jeune frère Spootzy était le benjamin d’une redoutable fratrie de druides healers. Leur frère cadet, Baneng combattait quant à lui aux côtés de l’escouade partie à Uldir plusieurs mois auparavant. Les frères Eau-Calme portaient plutôt bien leur nom. Leur capacité à garder leur calme en toute circonstance était la clef de leur succès. Même lorsque la situation semblait désespérée, un Eau-Calme parvenait toujours à remotiver les troupes et à leur insuffler l’énergie de la Terre, si chère aux Taurens. De plus, ils avaient cette faculté, quand ils étaient tous trois sur le champ de bataille à agir en harmonie les uns avec les autres sans avoir besoin de se concerter. Même s’ils étaient tronqués de leur cadet, Züko et Spootzy firent preuve lors de l’embuscade de cette capacité de communication non verbale. Avec une dextérité et une agilité pouvant surprendre venant de Tauren, ils enchainaient les techniques de cyclone, paralysant leurs adversaires, permettant à leurs alliés de se focaliser uniquement sur quelques cibles.

Boom et Hito, quant à eux, firent des ravages dans les lignes arrières de l’Alliance, décimant tous les agents qui passaient à leur portée. Ils sortaient de l’ombre uniquement pour porter un coup fatal à leurs adversaires, puis ils replongeaient dans les ténèbres. Leurs actions permirent à Goodlife et Fistochicken de rejoindre Välentin, qui était déjà venu à bout de deux de ses assaillants. Fisto, mis dans une position optimale par Goodlife et Välentin, déchaîna sur ses ennemis des blizzards dévastateurs. Lorsque la brume s’évapora, il ne restait plus rien de leurs adversaires. D’un double transfert, le mage retourna prévenir ses camarades que la voie était libre sur les lignes arrières. Zaidka, à l’aide d’un dernier trait du chaos pulvérisa leur ultime ennemi. Tous se replièrent en direction de Zul’jan. Ils devaient retourner en urgence à Zuldazar afin d’aller aider leurs compagnons déjà aux prises avec les héros de l’Alliance aux pieds de la pyramide de Dazar’alor.


Chapitre quatre, la mort du Roi

Plus rien ne serait plus comme avant pour le peuple zandalari. Ce qu’ils avaient connu n’était plus, et ils redoutaient le futur. La rumeur parcourut la capitale trolle en à peine quelques minutes. Le Roi Rastakhan était mort, terrassé par une escouade de l’Alliance.

Les combattants de Dazar’alor venaient à peine de pénétrer dans le Grand Sceau lorsqu’ils apprirent la nouvelle. Les troupes de l’Alliance étaient trop nombreuses et elles étaient parvenues à submerger les défenses de la pyramide.

La nouvelle s’abattit sur Dazar’alor, provoquant un silence glacial, un silence de peur et de panique. Le Roi était mort. « Et où étaient donc les forces de la Horde ? », se disait-il. « Et la Princesse, et les troupes qu’elle a amenées avec elle en Nazmir, où sont-elles ? Elle a abandonné son père, elle nous a abandonné. » La rumeur grondait, elle montait le long des nombreuses marches des pyramides de Dazar’alor. Le peuple pleurait son Roi, et maudissait sa Princesse, et sa Horde. Le peuple réclamait le prix du sang pour venger cet affront.

« Que s’est-il passé ? demanda Coxinhell à Mag’zan, le messager du palais.

  • Ils étaient trop nombreux. Et ils connaissaient nos défenses. »

Le messager commença son récit, celui de la chute du Roi, et de l’Empire zandalari.

« Ils sont arrivés à faire une brèche dans la pyramide, sur le flan gauche. Ils ont réussi à repérer une fracture, un point faible, dans la roche, que même nous ignorions. Des gardes royaux réussirent malgré tout à se faufiler dans la brèche avant qu’ils ne fassent exploser le passage, pour le refermer. Le Roi s’était retiré à temps dans les profondeurs de la pyramide, et il avait fait appel à Bwonsamdi pour le protéger.

« Pour atteindre le Roi, les troupes de l’Alliance devaient traverser deux salles. La première de ces salles était celle du trésor. Il est dit que le Roi Dazar, il y a bien longtemps, enchanta son trésor afin qu’il prenne corps. Ce trésor, qu’on dénomma Opulence, avait pour mission de se dresser devant tous ceux qui tenteraient de l’approcher et qui n’étaient pas son propriétaire légitime. Avant d’affronter Opulence, les troupes de l’Alliance réussirent à terrasser les deux gardiens et leurs pièges, pourtant redoutables. Ils parvinrent à s’emparer des gemmes de pouvoir, et à les retourner contre Opulence lui-même afin de le vaincre.

« Après avoir vaincu Opulence, les héros de l’Alliance se frayèrent un chemin dans les profondeurs de la pyramide et pénétrèrent dans la salle du Conseil des Elus. Cette salle a été construite en l’honneur des six plus grands Loas de Zandalar. Là, les troupes ennemies durent affronter les aspects de Pa’ku, Gonk, Kimboul, et Akunda. Le Conseil décima bon nombre de combattants de l’Alliance, mais ils étaient malheureusement toujours trop nombreux, et ils finirent par venir à bout des aspects.

« C’est à cet instant que les gardes royaux parvinrent enfin à les rattraper. Ils livrèrent une bataille vaillante et rude afin de protéger l’entrée de la salle menant au Roi. Mais par une vile ruse, les troupes de l’Alliance parvinrent à se jouer des gardes royaux. Il est dit que trois de leurs membres, dont un démoniste, réussirent à faire une percée parmi les gardes, et se faufilèrent à l’intérieur de la salle. Là, grâce à une porte démoniaque, ils parvinrent à téléporter la totalité de leurs compagnons.

« Le Roi combattit vaillamment, avec l’aide de Bwonsamdi. Ce dernier attira à lui une partie de l’escouade afin de la propulser dans le monde des morts. Malheureusement, on ne sait comment, mais ils réussirent à s’échapper du monde d’en bas. Une fois tous réunis, le Roi tomba sous leurs coups incessants. Au moment où l’un de leurs s’apprêta à porter le coup fatal au Roi, les gardes royaux réussirent enfin à rentrer dans la salle après en avoir détruit la porte. Ils furent malheureusement aveuglés par des fumigènes, probablement lancés par des voleurs. Lorsque la fumée s’évapora, les gardes ne purent que constater que le Roi n’était plus, et que ses assassins étaient parvenus à s’échapper par une porte dérobée, qui débouchait sur un couloir, menant à l’entrée nord de la pyramide. Les gardes ont décidé de ne pas poursuivre les chiens de l’Alliance. Quatre d’entre sont en train de remonter le corps sans vie du Roi, et trois autres son raptor. »

Tout à coup, le hérault s’arrêta, le silence se fit. Talanji venait d’entrer dans le Grand Sceau.

« Mon père est mort ? Cela ne se peut.

  • Je suis navrée Princesse, lui-dit Coxinhell, nous avons fait tout notre possible pour les empêcher d’entrer dans la pyramide. »

Tous se tournèrent. Les gardes entamaient les dernières marches qui les séparaient du Grand Sceau, le corps sans vie du monarque dans leurs bras. Ils le posèrent aux pieds de la Princesse Talanji, qui s’agenouilla un instant. Sanglotant, elle pria à son père de la pardonner. Puis elle lui fit la promesse que son meurtre ne saurait être impuni. Au moment où elle prononça ces mots, cinq Pterreurdactyles se posèrent devant l’entrée du Grand Sceau. Une partie des combattants d’Uldir, ayant appris la nouvelle de la mort du Roi, avait décidé de quitter leurs compagnons pour rejoindre le combat à Dazar’alor.

Gorthael descendit du premier Pterreurdactyle et s’approcha de la Princesse. Lui et ses hommes iraient traquer Jaina Portvaillant et tous ceux qui se mettraient en travers de leur chemin. Ils étaient prêts à se battre pour venger la mort du Roi, pour l’Empire Zandalari, et pour la Horde.


Troisième Livre

Chapitre premier, le départ d’Uldir

 

Cela faisait maintenant plusieurs mois que les troupes d’élite de l’Offensive parcouraient les salles obscures d’Uldir. Elles avaient déjà terrassé bon nombre d’ennemis, seul G’huun, le dieu du sang, se dressait encore devant eux.

Alors que les membres de l’Offensive furent sur le point d’engager le combat contre cette abomination, un messager royal les intercepta, porteur d’une terrible nouvelle. Le Roi Rastakhan était mort. Ils devaient rentrer à Zuldazar de toute urgence afin de préparer la riposte contre l’Alliance. Cependant, nos héros ne pouvaient se résoudre à abandonner le combat face à G’huun. Cela faisait trop longtemps qu’ils traquaient leur proie, et ils avaient vu trop de leurs camarades mourir lors de leur campagne. De plus, le dieu du sang ne pouvait être laissé en vie. Le Généralissime Thrazfon eu alors une idée. Il fallait que le groupe se sépare en deux. Une partie resterait à Uldir, pendant que l’autre rentrerait à Zuldazar pour affronter l’Alliance.

Il fut rapidement convenu que Gorthael, le bras droit de Thrazfon, et Haut-Seigneur, serait à la tête des troupes en partance pour Dazar’alor. Il serait épaulé dans sa tâche par Saphy, Grinch, Sorann, Kolino, Alekskulls, Warsrock et Arkhaam. Vaarpen et Baneng furent les healers désignés pour accompagner Gorthael et ses troupes. Il fut également convenu que Lindispo devait être exfiltré. Le mage avait été grièvement blessé lors de la bataille contre Mythrax, et son état ne pouvait être stabilisé par les healers présents à Uldir. Thrazfon et Khadi, quant à eux, refusèrent de quitter Uldir. Ils devaient rester auprès de leurs compagnons. Ils devaient défaire G’huun.

Le temps des adieux arriva. Wars étreignit son frère Lebonkencer.

« Fais attention à toi petit frère, dit le guerrier. Je t’attendrais à Dazar’alor, et nous fêterons ensemble ces victoires. »

Ils ignoraient tous que c’était là, malheureusement, la dernière fois qu’ils voyaient leurs compagnons. Il était dit qu’aucun d’entre eux ne survécut à G’huun.

Ils venaient d’arriver sur les ruines de Zul’jan, lorsqu’ils tombèrent nez à nez avec un de leur camarade qu’ils croyaient pourtant tous mort. Yokoko, le paladin tombé lors du terrible combat contre Vectis, se trouvait là, vivant.

« YOKO ! s’écria Gorthael. Comment est-ce possible ?

  • Je ne saurais le dire. La dernière chose dont je me souviens c’est qu’un geyser de sang me traverse de part en part. Et puis, je me suis réveillé ici. Apparemment un des gardes à l’entrée d’Uldir m’a trouvé, et m’a ramené à Zul’jan afin de me soigner. J’ai entendu ce qu’il se passait en Zuldazar. Je veux me joindre à vous.

  • N’es-tu pas trop faible ?

  • Gorthael, j’ai vu bon nombre de mes camarades tomber à Uldir, et moi, je suis en vie. Je dois me battre, pour eux. »

Gorthael hocha la tête. Yokoko se joindrait donc à eux. Ce qui ne fut pas le cas de Lindispo, tout du moins, pas dans un premier temps.

« Mon ami, tu dois te reposer. Je connais ta vaillance et ta combativité. Mais tu dois d’abord te faire soigner. Tu nous rejoindras plus tard. »

Gortha posa une main sur l’épaule du mage qui ferma doucement les yeux, terrassé par la fatigue. Le Haut-Seigneur se tourna, et grimpa sur le Pterreurdactyle qu’il partageait avec Arkhaam. Il fit un signe à ses camarades et tous s’envolèrent en direction de Dazar’alor et du Grand Sceau, laissant Nazmir et leurs compagnons derrière eux. Gorthael jeta un dernier coup d’œil en direction de l’autel de la putréfaction, comme s’il espérait y voir silhouette à l’entrée.

Khadi avait tenu à l’accompagner jusqu’aux portes d’Uldir.

« Pourquoi ne viens-tu pas avec nous ? lui avait-il demandé.

  • Ma place est ici Gorthael, avec Thraz, et avec les autres. Je ne peux les abandonner. Je sais que tu comprends.

  • Mais nous venons à peine de nous retrouver, après toutes ces années.

  • Je sais, mais souviens-toi que je t’ai toujours retrouvé. Même lorsque tu étais enfermé dans le Caveau des Gardiennes. Et je te retrouverais toujours. Tout va bien se passer, ne t’inquiète pas. Nous serons bientôt de nouveau réunis. Je te le promets. Et puis, je ne suis pas seule. »

D’une main agile elle fit apparaitre un félin des terres gelées du Norfendre. Elle l’avait prénommé Gorthael lorsqu’il avait dû la quitter une première fois pour rejoindre Illidan dans son combat contre la légion en Outreterre. « Ainsi, disait-elle, tu es toujours à mes côtés ».

Gorthael sourit, puis, une dernière fois, passa sa main sur le visage de son épouse.

« Pars maintenant, lui intima-t-elle. » Alors il s’éloigna, le cœur serré.

« Gorthael ? il venait d’être ramené à la réalité par son bras droit Arkhaam. Tout va bien ? Nous sommes arrivés. Regarde, Dazar’alor est en feu. J’espère que nos troupes sur place vont bien.

  • Je l’espère aussi, Ark, je l’espère aussi. »


Chapitre deux, la reprise du port

« Gorthael ! Arkhaam ! Les mecs, ça fait plaisir de vous voir, les accueillit chaleureusement Coxinhell.

  • Coxi ! Comment vas-tu l’ami, lui demanda le voleur.

  • Nous allons bien, tous. A part quelques blessures et une grosse frayeur avec Nävi, nous allons tous bien. Suivez-moi, je vais vous conduire aux autres. Tu es très attendue tu sais Vaarpen. »

La réprouvée ne put s’empêcher de sourire. Si elle avait pu, physiquement, elle aurait probablement rougi.

« WIFEY !! s’écria Lyzirio en voyant le retour de sa princesse. Tu m’as tellement manquée, et j’étais si inquiet.

  • Toi ? Inquiet ? Avoue, tu en as profité pour draguer des Gobelines, lui dit-elle en rigolant.

  • Moi ? Tu sais bien qu’il n’y a qu’une réprouvée pour faire battre mon cœur. Bon certes, il ne bat plus vraiment. D’ailleurs, s’il bat plus vraiment…je suis vivant, ou mort. Et si je suis mort, pourquoi j’ai tout le temps faim…

  • Lyzirio, arrête de penser mon chéri.

  • Oui, tu as raison, je m’égare un peu. Je ne vois pas Lehzy. Où il est ? Ne me dit pas qu’il est…

  • Non, il n’est pas mort. Mais G’huun vit toujours. Nous ne sommes pas tous rentrer. Les autres sont restés à Uldir pour vaincre cette grosse larve répugnante. Et tu connais Lehzy…Il a préféré rester avec les autres. Mais il va bien, ne t’en fais pas. Wars est inquiet lui aussi, Lebonkencer a décidé de rester à Uldir également. »

Même si Warsrock et Lebonkencer se trouvaient séparés par la force des choses, et ce pour la première fois depuis qu’ils étaient venus au monde, une autre fratrie fut réunie. Les Eau-Calme étaient de nouveau ensembles.

« Yo les frangins ! Quoi de neuf sous les cornes ? » De tous les Eau-Calme, pourtant connus pour garder leur calme en toute circonstance, Baneng était le frère qui faisait exception à la règle familiale. Le petit Tauren noir en somme. Bien que ne paniquant jamais pendant un combat, même perdu d’avance, il considérait d’ailleurs que « rien n’est perdu d’avance si un Eau-Calme vous soigne », il avait une nette tendance à perdre rapidement patience. Le calme était loin d’être sa statistique principale. Cependant, il faisait preuve d’une extraordinaire capacité à réfléchir et à agir vite. « Pas besoin d’être calme quand on est moi », était sûrement la phrase qu’il répétait le plus lorsqu’on le comparait à ses frères. Baneng aimait ses frères, et en un sens, il admirait leur capacité à perpétuer la réputation des Eau-Calme. Mais, il est aussi vrai que ses frères aimaient bien ses sauts d’humeur. Baneng avait toujours été celui qui se rebellait, qui osait parler lorsqu’il fallait se taire, et qui prenait des initiatives lorsque la situation était désespérée. L’intrépidité était sa statistique principale.

Alors que les Eau-Calme célébraient gaiement le retour de leur cadet, la bière coulant à flots (Ah…ces Taurens), dans un coin du Grand Sceau, Zaidka scrutait les nouveaux arrivants à la recherche de son jumeau. Il avait senti, plusieurs semaines auparavant, que quelque chose n’allait pas. Cependant, il n’avait su expliquer ce phénomène. Il avait eu l’impression que quelque chose à l’intérieur de lui s’était brisé. Alors, lorsqu’il ne vit pas son frère dans la foule, il comprit.

« Je suis désolée Zaidka, lui dit Yokoko, le meilleur ami de son frère.

  • Je sais. Il est mort, n’est-ce pas ? Je l’ai senti tu sais. Mais j’ai refusé de croire que c’était cela. »

Le démoniste s’effondra. Il venait de perdre son frère, son meilleur ami, son compagnon de toujours. Il se sentit désemparé, comme si on lui avait arraché une partie de son monde. Grinch s’approcha doucement de lui.

« Ton frère était un héros, et il est mort en héros. De même que tu es un héros, et que tu vas te battre et vivre en héros, pour ton frère. N’oublie jamais ça. Je ne peux ressentir ce que tu ressens, je ne peux qu’imaginer ta douleur. Mais nous sommes tous là pour toi, et nous t’accompagnerons toujours. Nous avons vengé ton frère, en tuant l’abomination qui l’avait tué. Alors tu dois te battre, et tu dois vivre pour lui. Voici son bâton. Je suis sûr qu’il aurait aimé que l’aies. Alors relève toi petit démoniste. Et montre-leur toute la puissance qui sommeille en toi. Partons combattre ensemble contre l’Alliance. »

Saphy s’approcha de Gorthael.

« C’est moi, ou il en fait toujours un peu trop ?

  • Hahaha, ce n’est pas toi, lui répondit le Haut-Seigneur. Mais il a raison. Allez, viens. Il faut qu’on aille se préparer. »


Mekkanivelle, le Grand Bricoleur

Oh oui…Gorthael avait raison, ils devaient se préparer à affronter un adversaire de taille. Il peut paraitre drôle de qualifier le Grand Bricoleur d’adversaire de taille, non pas qu’il fut précisé de quelle taille il était question. En effet, Gelbin Mekkanivelle est plutôt petit, voire, très petit. En somme, Gelbin est un Gnome. Cependant, il est, à l’instar des autres Gnomes, un ingénieur hors pair. Cette ingéniosité lui permet de devenir un adversaire de taille, tant par sa hauteur, que par sa difficulté.

Le Grand Bricoleur bloquait le passage qui menait au port de Zuldazar, rendant ainsi l’affrontement inévitable. Alors que tous les membres de l’Offensive se préparaient au Grand Sceau, Arkhaam observa, pendant plusieurs heures, dans l’ombre et en silence Mekkanivelle afin d’en apprendre le plus possible sur leur prochain adversaire.

Le voleur avait réussi à compiler assez d’informations pour leur permettre de mettre au point une stratégie efficace contre le Gnome. Ainsi, au cours de son repérage, il put observer que Mekkanivelle était accompagné de plusieurs robots. Il faudrait, à coup sûr, faire attention à ces alliés insolites. La question qu’il se posait était de savoir comment les neutraliser. Arkhaam se souvint alors qu’il avait déjà croisé pareils robots quelques années auparavant, à Gnomeregan. D’après ses souvenirs, il était possible de rentrer dans les robots afin de les neutraliser grâce à l’activation d’un code d’autodestruction. Cependant, il n’arrivait à se remémorer ni de la combinaison, ni même de comment la faire apparaitre. Le voleur fut arraché à ses souvenirs par un cri, ou plutôt, par un rire. Il reporta son attention sur sa source. Le Grand Bricoleur venait de rétrécir un Pterreurdactyle qui passait au-dessus de lui. Arkhaam pesta. « Faut qu’ils arrêtent avec leur complexe d’infériorité ». Il en avait cependant appris assez et décida alors de rejoindre ses camarades pour leur faire son rapport.

Tous l’écoutèrent avec la plus grande attention. Au vu de la qualité de leur ennemi, il fut décidé que la quasi-totalité de l’Offensive allait devoir l’affronter. Seul Välentin, Züko et Fisto restèrent en retrait afin d’assurer la protection de la Princesse Talanji, au cas où d’autres troupes de l’Alliance parviendraient jusqu’à elle. Tous les autres se mirent en route. Ils devaient faire vite car il se disait déjà que Jaina Portvaillant s’apprêtait à quitter Zuldazar pour rentrer à Kul Tiras. Ils devaient l’intercepter, ou tout du moins, la ralentir et la rattraper.

Zaidka, Alek, et Kolino parvinrent à mettre en place trois portails démoniaques en haut des escaliers qui partaient du Grand Sceau, en direction de la Terrasse des Orateurs. Arkhaam avait en effet proposé un plan d’attaque basé sur l’effet de surprise et sur la diversion. Ainsi, les quatre voleurs, à savoir lui-même, Hisoka, Boom et Hito, allait se faufiler auprès de Mekkanivelle. De là, ils incapaciteraient les robots, afin d’attirer l’attention du Gnome, permettant ainsi au reste de leurs compagnons de se téléporter directement en bas des escaliers grâce aux portails.

Le plan ne se passa cependant pas tout à fait comme prévu. Ils attirèrent à coup sûr l’attention de Mekkanivelle, mais pas de la manière dont ils l’avaient espérée. En effet, Boom et Hisoka furent directement projetés à l’intérieur des robots qu’ils devaient pourtant incapaciter.

« ARK !! Putain de merde !! Comment ça marche ce truc ? lui hurla Boom »

Les autres profitèrent de l’agitation provoquée par le contretemps robotique pour s’engouffrer dans les portails et faire face à Mekkanivelle. Le combat pour la reprise de la Terrasse des Orateurs commença, alors que Boom et Hisoka, toujours coincés dans leurs robots tentaient de comprendre comment fonctionnait la console qu’ils avaient sous les yeux. Chaque console présentait une configuration différente, l’une avec quatre couleurs, et l’autres avec quatre formes. Ils étaient bien trop absorbés par leur propre console qu’ils n’en levaient pas la tête. Ce fut là leur erreur.

« BOOM ! HISO ! Ca serait vraiment bien si vous pouviez sortir de ces robots, on a besoin de vous, leur hurla Gorthael.

  • GORTHA !! ATTENTION !! »

Un rayon fusa au beau milieu du champ de bataille, se dirigeant droit vers le Haut-Seigneur. Malgré ses déplacements extrêmement rapides, il était impossible pour Gorthael d’éviter la collision avec le rayon. Alek décida, dans un geste désespéré, de s’interposer entre le rayon et le chasseur de démons. Le démoniste ne fut pas pulvérisé. Il disparut. Comme évaporé.

« NOOOOON ! hurla Gorthael, pensant que son ami avait été totalement détruit par le rayon qui lui était destiné.

  • OHE ! JE SUIS LA !

  • Alek ? Gorthael croyait entendre la voix de son ami sans pour autant le voir.

  • OUI ! JE SUIS LA !

  • Mais où là ?

  • A TES PIEDS ! J’AI ETE RETRECI ! FAIS ATTENTION ! 

  • Oh merde… »

Gorthael prévint les autres qu’Alek avait été rétréci et qu’ils devaient faire attention de ne pas l’écraser. Malheureusement, les robots, toujours pilotés par Boom et Hisoka devenaient incontrôlables. L’un d’eux commençait à s’approcher dangereusement de ses camarades, et notamment du pauvre Alek qui cherchait à se mettre à l’abri, le temps que ses soigneurs trouvent un moyen de lui rendre sa taille normale. Il ne parvint pas à temps à sortir de la zone critique. Il en était pourtant à quelques centimètres, cependant ces mêmes centimètres représentaient des mètres pour le pauvre démoniste rétréci. Soudain, le ciel au-dessus de sa tête s’assombrit. Il leva alors les yeux. Le pied de métal du robot dans lequel se trouvait Hisoka s’abattit lourdement sur lui, écrasant son frêle corps.

Paniqué, le voleur releva la tête de sa console. Son regard tomba alors sur le robot de Boom. Or, il put apercevoir, sur le plastron dudit robot, une couleur qui clignotait. Alors il comprit.

« BOOM ! hurla-t-il pour se faire entendre malgré le brouhaha du combat. Regarde-moi ! Est-ce que tu vois des formes qui s’affichent sur mon plastron ?

  • Oui. Pourquoi ?

  • Dis-moi laquelle s’affiche.

  • Carré. Pourquoi ?

  • Ensuite ?

  • Mais pourquoi tu demandes ?

  • NE. DISCUTE. PAS !! Quelle forme maintenant ?

  • Rond.

  • Parfait. Maintenant écoute-moi. Et je t’en conjure, pas de question. Appuie sur le jaune.

  • Fait.

  • Rouge maintenant.

  • Fait.

  • Puis bleu.

  • Ca y est ! Le bouton de désactivation du robot s’est allumé.

  • Clique dessus…MAINTENANT ! »

Les deux voleurs appuyèrent en même temps sur le bouton. Ils furent projetés en dehors de leur robot respectif, lesquels se détruisirent sous leurs yeux. Les voleurs purent alors, grâce à leurs grapins, se jetert sur Mekkanivelle et enfin prêter main forte à leurs compagnons.

Les troupes de l’Offensive continuaient sans relâche d’asséner de nombreux coups au Gnome qui commençait à faiblir de plus en plus. Avec une dextérité remarquable, il sortit un énorme canon de son armure et le pointa directement sur les soigneurs. Vaarpen et Nävi repérèrent un énorme rocher se trouvant sur la trajectoire du canon et derrière lequel ils purent s’abriter. Cependant, Baneng était trop loin du rocher. De plus, sa forme d’arbre, permettant de soigner très rapidement et très efficacement ses camarades, ne lui permettait pas de se mettre à temps à l’abri. Il allait être frappé de plein fouet. Et, à première vue, il ne s’agissait pas cette fois du rayon rétrécissant.

« Oh merde…jura le Tauren. Là, je suis dans la merde » Il ferma les yeux par réflexe alors que le rayon du canon était sur le point de le frapper.

« Bah…je suis pas mort, dit-il au bout de quelques secondes ». Il n’ouvrit qu’un seul de ses deux yeux et s’aperçut qu’il se trouvait derrière le rocher avec Vaarpen et Nävi. Ce dernier avait en effet réussi, à la dernière seconde, à attirer le druide derrière le rocher, lui sauvant ainsi la vie. « Pas de quoi mon pote ». Les trois soigneurs sortirent de leur abri pour se joindre aux autres. Ils étaient restés plusieurs minutes derrière le rocher, ainsi, la vie de leurs amis commençait à dramatiquement tomber. Vaarpen fit alors apparaitre plusieurs statues du Serpent de jade, et, grâce à sa vitesse de déplacement, elle parcourut rapidement la zone de combat afin d’apporter des soins à ceux qui étaient les plus durement touchés. Nävi, quant à lui, fit apparaitre une barrière de protection au niveau des tanks et des combattants au corps à corps. Petit à petit, la santé de leurs compagnons se trouva stabilisée.

Alors que Gelbin Mekkanivelle était sur le point de recharger son canon dévastateur, Saphy, qui comprit qu’ils ne pouvaient se passer de leurs soigneurs une seconde fois, prit son élan et, d’un bond, se métamorphosa en démon. Sa vitesse de déplacement était décuplée. Les coups qu’il assénait à Mekkanivelle étaient d’une telle force qu’ils faisaient reculer le bricoleur. Alors qu’il ne lui restait plus que quelques secondes en forme démoniaque, il regarda le Gnome droit dans les yeux et de son rayon accablant, il le pulvérisa, anéantissant le Grand Bricoleur. Sa lourde armure tomba sur le sol de la Terrasse des Orateurs dans un vacarme assourdissant. Elle s’éteignit peu à peu comme le symbole de la mort de son créateur.


Combattre les flots

« Où est Alek ? demanda Gorthael, une fois l’euphorie de la victoire estompée.

  • Je l’ai trouvé, répondit Honaka. »

Le paladin tenait au creux de sa main le petit corps brisé du démoniste. Il mit alors son autre main au-dessus, et récita plusieurs prières. Puis, il reposa Alek au sol. Un halo de lumière scintilla tout autour du corps du démoniste. Petit à petit, il reprit sa taille originelle. Ils durent combiner les forces de trois soigneurs pour guérir les blessures d’Alek. Cependant, elles étaient trop nombreuses, et trop graves. Bien qu’il survécût, il ne pouvait continuer la bataille. Sorann se transforma alors en forme de vol. Le druide prit le démoniste sur son dos, et le ramena au Grand Sceau afin qu’il y reçoive des soins appropriés.

Bien qu’ils eussent perdu un de leur camarades, tous étaient soulagé qu’il soit toujours en vie. Ils avaient conscience que leur moral ne tenait qu’à un fil. Certes, ils étaient venus à bout de bon nombre d’adversaires, mais ils étaient épuisés. Tant moralement, que physiquement. Les combats n’étaient cependant pas finis. Et malheureusement, ils ne pouvaient pas se permettre de se reposer.

Noazette et Life se trouvaient en retrait de leurs camarades. Ils discutaient d’un plan qui leur permettrait de ralentir Jaina, et ainsi, de se reposer, ne serait-ce que quelques heures. Noazette, qui était le plus expérimenté et le plus ancien des deux, alla parler à Allaeria et Gorthael. Ces deux derniers étaient déjà en train de décrypter les informations qu’ils avaient eues sur le dernier rempart qui les séparait de Jaina.

« Gortha, Allaeria, nous avons un plan avec Life qui pourrait ralentir Jaina. Si ça marche, et on le saura bien vite, il pourrait surtout nous permettre de nous reposer quelques heures. Les soigneurs en ont besoin, de même que les tanks. Katro est blessé, il lui faut des soins.

  • On t’écoute Noazette, l’encouragea Allaeria.

  • Nous pouvons déchainer la mer. Je sais que la flotte kultirassienne ne craint pas une mer agitée. Mais je ne parle pas ici d’une simple petite houle. Je parle d’une véritable mer déchainée sur laquelle ils ne pourront pas naviguer. Dokcina peut également déclencher des blizzards, pour les ralentir encore plus, s’ils décident quand même de prendre la mer.

  • Si ça marche, réfléchissait Gorthael, cela pourrait en effet nous faire gagner du temps. Combien de temps pouvez-vous nous faire gagner ?

  • Au mieux, pas plus de trois heures. Au pire, pas plus d’une heure.

  • C’est déjà mieux que rien Gortha. Noazette a raison. Si Katro ne reçoit pas rapidement de vrais soins, il mourra.

  • Et quand saurez-vous que votre plan a fonctionné ? demanda le Haut-Seigneur.

  • En quelques minutes.

  • Allez-y. »

Les chamans se mirent face à la mer. Ils déchainèrent les éléments, l’air comme la mer, créant une tempête d’une telle force qu’elle était capable de tout emporter. Même les navires kultirassiens, portant robustes, furent ébranlés par la force de la tempête. Plusieurs voiles se déchirèrent sous l’effet du vent. Deux navires furent cloués sur place, et ne purent prendre la mer pour escorter le bateau de Jaina. La sorcière de glace était parvenue à mettre les voiles. Cependant, la mer était tellement agitée et le vent tellement violent, que le bateau Portvaillant pouvait à peine avancer. Par leur action, les chamans avaient fait gagner du temps à l’Offensive.

Le repos qu’ils prirent permit à Katro de soigner ses nombreuses blessures. Vaarpen resta à son chevet afin de s’assurer que ses plaies se referment et que ses os se ressoudent.

« Comment va-t-il ma chérie ? Demanda Lyzirio qui s’inquiétait du sort de son acolyte.

  • Il est fort. Dans à peine deux heures, il sera complètement remis sur pieds. Ne t’inquiète pas. Regarde-moi toi.

  • Mais je vais bien, occupe-toi de lui plutôt.

  • LYZIRIO…s’énerva Vaarpen. Tu vas m’écouter, non parce que je suis ta femme, mais parce que je suis ton soigneur. Assieds-toi, que je regarde tes blessures. Tu sais bien que je n’ai que toi, je ne peux pas te perdre. Donc maintenant, laisse-moi m’occuper de toi. »

Lyzirio regarda sa femme d’un air attendri. Il la trouvait belle quand elle s’énervait, ce qui était plutôt rare. C’était son côté moine. Même si le chevalier de la mort était fier, il reconnaissait que Vaarpen avait raison sur ce coup. Il fallait qu’il se soigne. Lyzirio sentait que ses côtes étaient meurtries, il avait un peu de mal à respirer. Sa femme lui appliqua un bandage trempé dans des onguents, puis elle l’obligea à dormir un peu. Les onguents prendraient une heure à faire effet. Les os de Lyzirio resteraient fragiles pendant plusieurs jours. Il lui faudrait redoubler de vigilance lors de leurs prochains affrontements.

Vaarpen et Lyzirio s’étaient rencontrés il y a de cela plusieurs lunes, alors qu’ils étaient tous les deux vivants. Ils avaient rapidement noué une relation amoureuse, qui choquait les mœurs à l’époque. En effet, la moniale, avant d’être une réprouvée, était une humaine. Lyzirio un troll. Les relations et même les mariages inter-races n’étaient pas courant à l’époque et étaient même vus d’un mauvais œil. On peut se souvenir à ce titre du traitement qui fut réservé à Garona Miorque, la célèbre assassine mi-orque mi-draeneï. Mais nous nous égarons. Revenons à notre couple. Bien plus que leurs races, les deux amoureux évoluaient également dans des factions différentes. Les trolls avaient en effet décidé de se rallier à la Horde, sous l’impulsion de Vol’jin. Cependant, rien ne pu empêcher Vaarpen et Lyzirio de s’aimer. Ni même la mort.

Alors que la moniale, qui restait attachée à l’Alliance, combattait ardemment en Norfendre, elle tomba, transpercée de part en part par une lance trolle. Lyzirio, à cette époque, n’était point le guerrier que l’on connait aujourd’hui. Il faisait à cet égard, parti des rares trolls qui ne prenaient pas part au combat. L’annonce de la mort de Vaarpen le dévasta. Cependant, il apprit que cette dernière fut ramenée à la vie par la Reine Banshee elle-même, devenant ainsi un agent du Roi-Liche. Lyzirio comprit alors qu’il ne pouvait être séparé de Vaarpen, son amour pour elle était trop fort. Il se rendit alors au cœur de la Couronne de Glace et porta allégeance au Roi-Liche, devenant un de ses chevaliers de la mort. Son sacrifice était cependant incommensurable. Afin de rester avec son épouse, Lyzirio abandonna derrière lui Velalor, leur enfant, confié à son clan, pour que jamais il ne connaisse le même sort que ses parents. Lorsque Sylvanas réussit à se défaire de l’emprise du Roi-Liche, Vaarpen fut de ceux qui la suivirent. Lyzirio les rejoignit bientôt dans les rangs de la Horde. Ils avaient été ensemble dans la vie, ils restèrent ainsi ensemble dans la mort. Et il est dit que jamais ils ne seraient séparés.

Life regardait Vaarpen et Lyzirio de loin, assis sur l’escalier, leur abnégation l’impressionnait. Il ne comprenait cependant pas la totalité de leurs choix. En effet, le jeune chaman n’avait plus grand monde autour de lui. Il avait vu bon nombre de siens lui tourner le dos lorsqu’il avait décidé de rejoindre les rangs de la Horde. Son regard se posa ensuite sur Allaeria. Il admirait le paladin, tant pour son ardeur au combat, que pour se prestance et sa capacité à illuminer les endroits les plus sombres de sa seule présence. Le chaman se sentait attiré par Allaeria, sans pour autant se l’expliquer. Sentant un regard posé sur ses épaules, le paladin se tourna en direction de Life, il lui sourit, et s’avança vers lui. Le cœur du chaman se mit à battre plus fort qu’il ne le souhaitait. Il battait avec une telle vigueur que Life avait l’impression que tous pouvaient l’entendre.

« C’est très impressionnant ce que vous avez fait avec Noazette tu sais, lui dit le paladin en s’asseyant à ses côtés.

  • Merci, mais c’est normal. On devait essayer de faire quelque chose.

  • Eh bien, c’était une excellente idée. »

Allaeria posa une main sur la cuisse du chaman, puis se releva, et retourna auprès d’Arkhaam et Gorthael qui peaufinaient la stratégie mise en place contre leur prochain adversaire. Il se tourna une dernière fois en direction de Life et lui sourit tendrement. Se pouvait-il que le paladin soit également attiré par le chaman. Life se refusait à y croire. Il devait chasser de son esprit le sourire d’Allaeria et se concentrer sur le combat à venir, Gorthael venant de battre le rappel des troupes. Ils se mettaient en marche.

Ils arrivèrent tous au port. Une abomination venait d’être appelée par deux puissants prêtres des marées, Frère Joseph et Sœur Katherine. L’Offensive prit conscience du fait qu’elle arrivait trop tard, Laminaria, un élémentaire surpuissant avait déjà été matérialisé par les deux kultirassiens. Cependant, les prêtres continuaient de renforcer l’élémentaire. Les troupes de l’Offensive devaient mettre un terme au rituel des prêtres afin de pouvoir tuer Laminaria. Si le rituel continuait ainsi, l’élémentaire serait invincible et il emporterait alors tout sur son passage, les hommes, comme les constructions.

Il avait été décidé que les membres de la garde rapprochée de Talanji devaient rester aux côtés de la Princesse tant que la menace n’avait pas été annihilée. Ils rejoindraient cependant leur camarade pour affronter Jaina. Ainsi, parmi les membres restants, deux groupes furent formés. Lyzirio, Vaarpen, Noazette, Nävi, Grinch, Sorann, Dokcina, Kolino, Coxi, et Life, iraient affronter Frère Joseph. Katro, Baneng, Honaka, Gorthael, Saphy, Allaeria, Haatori, Wars, et les voleurs Hisoka et Arkhaam, se chargeraient de Sœur Katherine.

Le combat fut compliqué. Sur le bateau droit, Frère Joseph, affectueusement surnommé Magicarpe par les membres de l’Offensive, une référence obscure qu’il nous est pour l’heure impossible de comprendre, était épaulé par de nombreuses sirènes dont le chant était capable de pousser les gens à se jeter dans les eaux sombres et tourmentées. Bien qu’ils sachent tous nager, le rituel des prêtres avait transformé la mer, la rendant mortelle pour quiconque y tombait. A plusieurs reprises certains de nos compagnons furent ciblés par les sirènes. Alors que Frère Joseph était sur le point de tomber, une nouvelle sirène apparut. Elle envoutât de son chant Life. Le chaman n’eut que quelques secondes pour s’éloigner le plus possible de la funeste créature. Il fut cependant trop tard. Ses compagnons ne purent tuer la sirène à temps. Alors qu’il s’approchait du rebord du bateau, les yeux du chaman se portèrent sur le second bateau, et notamment sur Allaeria.

Le deuxième groupe avait également fort à faire face à Sœur Katherine, surnommée, elle, Pikachu. La référence nous ait toujours inconnue. Peut-être un mythe trolle, ou bien, une référence à des légendaires dompteurs de mascottes. Leurs histoires faisaient fureur parmi les enfants et les adolescents. Cependant, leur existence ne fut jamais prouvée. Mais, nous digressons ici, revenons plutôt à nos compagnons. Point de sirènes invoquées par Sœur Katherine, mais l’invocation de plusieurs éclairs dévastateurs, qu’il fallait impérativement éloigner pour qu’ils touchent le moins possible de combattants. Alors qu’Allaeria venait d’être la cible d’une puissante onde sonore cacophonique, le réduisant au silence, son regard fut attiré par une forme sur le bateau de Frère Joseph. Il pouvait distinguer Life qui, attiré par une sirène, était sur le point de tomber à l’eau. Le paladin voulut crier, mais aucun son ne sortit.

Alors que Life commençait à tomber, Nävi parvint à agripper son compagnon pour le ramener sur le pont du bateau, sous les yeux, au loin, d’un Allaeria soulagé. Life était sauf. D’une puissante éruption du vide, comme jamais ils n’en avaient vue, Coxinhell pulvérisa la sirène et acheva Frère Joseph. Au même moment, Allaeria recouvra ses esprits. Le paladin prit alors son élan. D’un bond, il atterrit sur Sœur Katherine et lui infligea, à l’aide de son marteau un Verdict du templier d’une force telle que le bateau fut ébranlé. Tous se téléportèrent à nouveau au port afin de défaire l’élémentaire créé par les prêtres déchus.

Le combat fut plus difficile que ce à quoi ils s’attendaient. Ils pensaient en effet qu’après avoir interrompu le rituel, Laminaria serait affaibli. Cependant, l’élémentaire combattait avec des alliés particuliers. En effet, régulièrement, les troupes de l’Offensive durent affronter des tempêtes ayant pris corps. Il fallait alors impérativement tuer ses tempêtes avant qu’elles atteignent l’élémentaire. Auquel cas, elles avaient la faculté de donner de l’énergie à Laminaria. Une énergie dévastatrice. Alors que l’élémentaire commençait à s’affaiblir, trois tempêtes s’avancèrent doucement, mais sûrement, du bord de la jetée.

« DOKCINA ! hurla Gorthael, Ralentis-les le plus possible. Elles ne doivent pas atteindre Laminaria, ou nous mourrons tous. Nous y sommes presque les amis, tenez bon. »

Le mage se transféra le plus loin possible du bord de la jetée. Il déchaina alors toute la puissance dont il était capable. De ses nombreux blizzards et novas de givre, il parvint à ralentir la progression des tempêtes, faisant gagner assez de temps à ses compagnons. Arhaam profita de la proximité des tempêtes invoquées par Laminaria pour augmenter la puissance des coups qu’il porta à l’élémentaire. Le voleur partit dans une frénésie de coups. Sa rapidité était telle qu’il en devenait difficile à distinguer. Avec agilité, il allait tantôt sur la droite, tantôt sur la gauche de Laminaria, pour lui infliger des coups toujours plus puissants que les précédents. Au bout de quelques minutes, l’élémentaire poussa un long râle, qui fit trembler la mer. Puis il retourna à l’océan, son corps se fondit dans les eaux de Zuldazar. Il ne restait plus rien de son passage. Le voleur regarda son œuvre, il était épuisé, mais satisfait. Laminaria n’était plus. Ark leva la tête et observa l’horizon. Il pouvait y apercevoir le reste de la flotte kultirassienne qui peinait à avancer.

« Vite, suivez-moi, héros, leur hurla Nathanos qui arrivait en courant depuis la Terrasse des Orateurs. » Il était suivi par la garde rapprochée de Talanji.

Tous montèrent sur le bateau zandalari qui mit les voiles en direction de Jaina Portvaillant. La dernière bataille de l’Offensive Cramoisie pour la reprise de Dazar’alor était sur le point de commencer.


Chapitre trois, le dernier assaut

Ils y étaient. Ils étaient prêts. Le destin de l’Offensive devait donc se jouer ici, face à cette étendue majestueuse, d’un bleu profond. Tous avaient conscience que ce jour marquerait peut-être leur dernier sur Azeroth. Mais aucun ne recula. Gorthael fut le premier à monter sur le bateau, donnant le signal de départ de leur navigation jusqu’à la flotte Portvaillant.

« ATTENDEZ-MOI ! hurla quelqu’un au loin alors que le bateau s’apprêtait à lever l’ancre. » Gorthael fronça les sourcils pour mieux apercevoir de qui émanait le bruit. Au bout de quelques secondes, il distingua un chasseur qui slalomait entre les cadavres de robots qui jonchaient la Terrasse des Orateurs.

« CANAILLOUX ?! » Le vieux chasseur n’avait plus donné signe de vie depuis bien des mois. Et tous étaient persuadés qu’il était resté à Uldir. Bien que jamais Canailloux ne voulut raconter son histoire à ces compagnons, elle vous est ici contée.

Le chasseur avait été grièvement blessé à Uldir. Ses amis avaient donc décidé de continuer leur chemin, l’abandonnant à l’entrée des cavernes. Cependant, le chasseur avait réussi à reprendre des forces, mais il ne put rejoindre ses compagnons, les portes s’étant refermées sur leur passage. Alors, Cana s’était juré de faire honneur à ses amis, et comme il ne pouvait combattre avec eux le dieu du sang, il combattrait l’Alliance. Il écuma Kul Tiras, décimant bon nombre de membres de l’Alliance, mais également des dirigeants kultirassiens. Sa quête fut arrêtée lorsqu’il fut capturé dans son sommeil. Cana demeura dès lors, et ce pendant plusieurs semaines, enfermé dans les geôles de Tol Dagor. A force de ruse et de manœuvres, il parvint à s’évader de la prison, et bien que les gardes aient tenté en vain de l’y ramener, le chasseur était parvenu à rejoindre le Port des Rapines, d’où il put prendre un bateau pour Zuldazar. Lorsqu’il était arrivé en vue de Zuldazar, le chasseur comprit qu’il ne pouvait accoster au port, ce dernier étant rempli de bateaux kultirassiens. Le navire avait alors rebroussé chemin, et Cana avait accosté à l’extrême est de Zuldazar, au niveau du village de Zeb’ahari. Il s’était alors empressé de rejoindre Dazar’alor, en étant persuadé que ses compagnons devaient être en train de repousser l’Alliance. Et le voilà enfin, auprès de ses amis, et de nouveau prêt à se battre.

« Mon vieil ami, l’accueillit Gorthael en le prenant dans ses bras. Où étais-tu passé ?

  • C’est une bien longue histoire, que je te raconterais en temps utiles. Ce qui ne semble pas être le cas ici. J’ai entendu parler d’une damoiselle glacée à dégivrer. Un coup de mon gros fusil, et elle ne sera plus de glace.

  • Hahahaha, tu n’as pas changé mon ami. C’est si bon de te voir. »

Canailloux à bord, le bateau quitta lentement le port du Zuldazar, Nathanos les accompagnant.

Alors qu’il se rapprochait de celui de Jaina, les chamans calmèrent les éléments qu’ils avaient déchainés quelques heures auparavant. Rapidement, le bateau de nos compagnons se trouva encerclé par des navires kultirassiens. Celui de Jaina était en vue. Cependant, la fille du vent salé avait plus d’un tour dans son sac. Elle parvint à se téléporter avec plusieurs soldats, directement sur le bateau zandalari, prenant de cours les membres de l’Offensive. Là, la mage enferma Nathanos dans un bloc de glace.

Tandis que Gorthael s’apprêtait à lancer l’assaut contre Jaina, il fut pétrifié pendant une minute. Non par la peur, non par l’appréhension. C’était un sentiment qu’il avait déjà connu, bien des années auparavant, alors qu’il n’était pas encore chasseur de démons. Son cœur se serra, un présentiment l’envahit. Celui qu’il venait de perdre quelque chose. Celui qui l’informait que plus rien ne serait comme avant. Alors, pendant une seconde, il fut triste, perdu. Puis, il se rappela qu’il ne pouvait faillir, qu’il ne devait pas faillir. Le chasseur de démons chassa ces idées noires de son esprit. Il se tourna vers ses camarades, ne notant pas le trouble qui s’était également emparé de Warsrock et Lyzirio, sortit ses glaives de guerre, et se métamorphosa en démon.

« POUR LA HORDE ! »

Dès le début, nos compagnons comprirent que le combat allait être immensément plus compliqué que tous ceux qu’ils avaient menés auparavant. Rapidement certains furent gelés sur place, d’autres se prirent de plein fouet les javelots de glace de la mage. Ce fut notamment le cas de Kolino. Le froid mordait la peau du démoniste. Le javelot avait laissé une plaie béante sur la poitrine du gobelin. Plaie que les soigneurs ne parvinrent à refermer. Sa peau devint bleue, ses yeux blanchirent, la vie l’abandonnait. Le corps du gobelin tomba sur le sol, comme une vulgaire poupée de chiffon. Alors que tous pensaient qu’ils venaient là de perdre le démoniste, sa peau commença à reprendre la teinte verdâtre propre à ceux de sa race. La vie revint dans ses yeux.

« Eh oui les mecs, dit Allaeria, qui venait de tuer un soldat kultirassien, ne saviez-vous pas qu’un démoniste a toujours son âme dans sa poche. » Cette affirmation était littéralement vraie. Cependant, il ne fallait pas oublier que Kolino était un gobelin. Or, chez les gobelins rien n’a plus de valeur que l’or. Ainsi, certains affirmaient que les gobelins pouvaient être tentés de vendre leur âme, lorsque les fins de mois étaient difficiles. « C’est une rumeur, s’offusqua Kolino. Vendre son âme ! Et puis quoi encore ! La mettre en gage, à la rigueur. »

Allaeria et Saphy avaient décimé, à eux deux la totalité des renforts de Jaina qui étaient présents sur le bateau. Tout du moins, c’était ce qu’ils pensaient. Alors que tous reportaient leur attention sur la fille de l’Amiral, des navires kultirassiens s’approchèrent du bateau zandalari.

« LES BALISTES ! hurla Gorthael. Utilisez les balistes pour détruire ces navires. »

Zaidka et Züko se ruèrent sur les balistes présentes à bâbord. Züko ne rata pas sa cible, malheureusement la flèche du démoniste manqua sa cible de quelques centimètres.

« ATTENTION ! hurla le démoniste » De nombreux marins abordèrent le bateau, tandis que d’autres, toujours sur le navire kultirassien, parvenaient, grâce à des canons, à lancer des tonneaux remplis d’explosifs.

« JETEZ LES TONNEAUX PAR-DESSUS BORD, hurla Sorann, le bruit des combats étant si assourdissant que c’était là leur unique moyen de se faire entendre. » Alors que Zaidka et Züko continuaient de tirer sur le navire ennemi afin de le faire battre en retraite, Hito et Krabbz, s’occupaient des bombes. Le voleur était sur le point d’atteindre la bombe qu’il avait en vue, quand une avalanche lancée par Jaina la cloua sur place. Il regarda avec horreur la bombe qui explosa à ses pieds, le projetant plusieurs mètres en arrière. Zaidka et Züko finirent par faire reculer le navire kultirasssien, cependant, ils étaient déjà submergés par un grand nombre de soldats. D’un désengagement, Canailloux lança des volées de flèches sur ses adversaires, ne leur laissant aucun répit. Le chasseur parvint à anéantir à lui seul plus de cinq soldats.

Un autre navire se présenta bientôt, mais à tribord. D’un bond agile, Züko vint se placer derrière une baliste et commença à tirer sur ses adversaires. Un canon kultirassien parvint cependant à mettre le feu à la baliste, ainsi qu’à celle qui se trouvait à sa gauche. « ZÜKO ! hurla Baneng. » Le druide, sous le regard horrifié de son frère, commença à prendre feu. Lyzirio parvint alors à forcer Jaina à lancer une avalanche dans sa direction. Le chevalier de la mort, dont la vitesse fut décuplée par les plumes magiques de Nävi, parvint à se mettre à côté de Züko. L’avalanche éteignit alors les flammes qui embrassaient la baliste, et le druide. Ce dernier fut cependant transformé en bloc de glace. Grâce à la prouesse druidique de son frère, Züko entra en hibernation. Ainsi, il fut plus sage de le laisser emprisonné dans le bloc, afin que ses blessures ne s’aggravent pas. L’avalanche continua sa route. Route sur laquelle se trouvait Canailloux. Zaidka, voyant que le chasseur ne bougeait pas, se jeta sur lui, afin de le sauver. L’avalanche frappa le démoniste de plein fouet. Ce dernier dut alors se jeter dans les flammes qui consumaient la deuxième baliste. Le feu était cependant trop violent et le démoniste en ressortit sévèrement brûlé. Ces mêmes flammes consumèrent Krabbz qui parvint à se maintenir à peine en vie grâce à son cocon.

A l’avant du bateau, le combat faisait toujours rage entre Jaina et nos compagnons. Cependant, tous pouvaient s’apercevoir qu’elle faiblissait.

« CA SUFFIT ! hurla-t-elle soudain. » Une énorme nova de givre sortit des ses mains, glaçant la mer en une fraction de seconde, propulsant Nathanos sur l’étendue gelée et permettant à la sorcière de glace de prendre la fuite. Avant de se lancer à sa poursuite, Dokcina parvint, à la hâte, à ouvrir un portail vers le Grand Sceau afin que les quatre blessés puissent être évacués rapidement. Le combat continuerait sans eux. Ils deviendront, cependant, comme leurs camarades, des héros. Et l’histoire dit qu’ils seront traités comme tels dans les livres d’histoires et dans les contes zandalaris.

Les membres de l’Offensive, une fois leurs blessés évacués, se lancèrent à la poursuite de Jaina. Cette dernière avait quelques minutes d’avance sur eux. Elle était parvenue à s’entourer d’un mur de glace, créant ainsi une véritable arène qui serait le siège de leur affrontement final. La mage se trouvait au centre de cette arène improvisée, déchainant des éclairs de glaces sur le passage que devait emprunter l’Offensive afin d’arriver jusqu’à elle.

« Il faut absolument que quelqu’un aille empêcher ses incantations, déclara Gorthael, alors qu’il tentait d’éviter les éclats glaciaires qui venaient se fracasser au sol.

  • J’y vais, hurla Välentin, qui déjà enfourchait son palefroi.

  • NON, pas toi, tu vas te faire geler sur place ! »

A peine Gorthael avait-il dit cela que le jeune paladin intrépide ne put éviter un éclat. Il fut instantanément enfermé dans un bloc de glace. Arkhaam sauta par-dessus son ami transformé en glace. Là, grâce à sa cape d’ombre, il parvint à mettre un terme aux funestes incantations de Jaina. Il était malheureusement trop tard pour plusieurs de leurs compagnons, qui ne purent éviter à temps les trop nombreux éclats. Ce fut notamment le cas de Yokoko, Fisto, et Spootzy. Les autres, il est vrai, auraient sûrement pu revenir en arrière afin de détruire les blocs de glace pour libérer leurs amis, mais ils n’avaient pas de temps à perdre. Ils étaient cependant tous conscients que les blocs pouvaient tuer leurs amis, c’était un risque qu’ils étaient tous prêts à courir. Leur priorité était de vaincre Jaina, à n’importe quel prix.

Ainsi, le combat devait-il continuer. Les troupes de l’Offensive étaient dans l’obligation d’éviter les sorts lancés par Jaina, au risque de rejoindre leurs amis à l’état de glaçon. Alors que Katro et Lyzirio assénaient des nombreux coups à Jaina, les autres se placèrent derrière elle, afin de pouvoir esquiver au mieux ses attaques dévastatrices. Ils devaient également esquiver de nombreux tonneaux de munitions, lancés par le vaisseau amiral des Portvaillant. Après avoir violemment touché Lyzirio, qui sentit une de ses côtes endolories se briser sous le choc, Jaina parvint à se retourner. Là, la mage cibla plusieurs combattants. Son regard son changea, ses yeux devinrent blancs. Tout à coup, un rayon givré sortit de sa main. Tous ceux qui se trouvèrent sur son passage furent ralentis, engourdis par le froid qui leur mordait les os. Boom, qui faisait parti de ceux touchés, eut l’idée d’aller se placer dans les munitions afin de contrecarrer les effets du froid. Les autres, ayant assisté à sa manœuvre couronnée de succès, le suivirent. Ils parvinrent tous à annuler l’effet du sort de Jaina, et purent rejoindre leurs compagnons, intacts.

Cependant, la sorcière de glace se mit à canaliser un sort que jamais ils n’avaient vu. Une mer gelée commença à s’étendre aux pieds de Jaina. Quiconque resterait dans cette mer serait gelé sur place. Pour la première fois, l’Offensive dû battre en retraite. Mais nul ne voyait d’issue, de porte de sortie leur permettant d’échapper à une fin inéluctable. C’est alors que Goodlife repéra une faille dans un des murs qui était venu refermer l’arène gelée.

« Par ici, leur cria Goodlife. Ce mur est plus fin. On peut peut-être arriver à le détruire à temps. » Tous portèrent alors leur attention sur la portion gelée désignée par le chasseur de démons. Les soigneurs cessèrent de soigner leurs compagnons et se mirent à frapper le mur de toutes leurs forces. La mer gelée avançait rapidement vers eux, bientôt elle les atteindrait. Il leur fallait être plus rapides. Alors que le mur était en train de se déliter, Canailloux tourna la tête vers Jaina et il s’aperçut qu’il pouvait peut-être interrompre son incantation. Cependant, la manœuvre était risquée.

« KOLINO ! Mets vite un portail. HONAKA ! A mon top, je vais avoir besoin d’un bouclier. NÄVI ! Prépare-toi à me récupérer rapidement dès qu’il le faudra ! BOUCLIER ! »

Le paladin enveloppa le chasseur d’un bouclier salvateur alors qu’il commençait à avancer sur la mer gelée. Au même moment, le mur tomba. Les compagnons de Canailloux s’engoufrèrent alors dans la brèche, sur un chemin sinueux.

« Eh merde ! commenta Baneng. » Nathanos était face à eux, toujours emprisonné dans la glace. A ses côtés se trouvait un immense élémentaire de givre, sûrement invoqué précédemment par Jaina, alors qu’ils tentaient de la rattraper. Lyzirio se jeta sur l’élémentaire, tachant de l’occuper, pendant que les autres tentèrent de fracasser le bloc retenant Le Flétrisseur. La mer gelée, quant à elle, continuait son inéxorable avancée. Canailloux parvint au portail démoniaque posé par Kolino. D’après ses calculs, il allait déboucher un peu trop loin de Jaina. Il lui restait cependant un atout, et pas des moindres. A la sortie du portail, le chasseur s’enveloppa dans sa carapace de tortue assez longtemps pour lui permettre de se rapprocher de la mage. Alors qu’elle était à portée de tir, il retira sa carapace et sauta afin d’éviter tout contact avec la mer gelée. Il était toujours suspendu dans les airs lorsque d’une flèche il parvint à mettre fin à l’incantation de Jaina. Cependant, la mer gelée, bien que n’avançant plus, recouvrait toujours le sol. Alors que Canailloux s’apprêtait à la toucher, Nävi parvint, depuis le couloir, à agripper le chasseur, lui évitant une mort certaine.

Au même moment, le bloc qui retenait prisonnier Nathanos se fissura. Ce dernier, à peine sorti, réussit à dissiper la mer gelée, permettant ainsi à nos amis de se ruer sur Jaina. Lyzirio avait toujours fort à faire face à l’élémentaire. Il fut épaulé par la totalité des distants qui pouvaient rapidement changer de cible entre Jaina et l’élémentaire. Cette capacité fut mise à rude épreuve lorsque la mage fit apparaitre plusieurs images prismatiques d’elle-même.

« LES DISTANTS ! hurla Grinch. On switch sur les images. » Ces dernières furent rapidement balayées par les sorts puissants de Grinch, Dok, Life, Sorann et Coxi, et par les flèches perforantes de Canailloux. Alors que le familier du chasseur griffait mortellement la dernière image, le corps de Lyzirio fut projeté à travers l’arène par un coup puissant de l’élémentaire. Vaarpen horrifiée tentait en vain de ralentir la bête, mais ses anneaux de paix étaient sans effets sur une telle créature. Wars, qui combattait Jaina, vit son attention attirée par les cris de la moniale. Il tourna la tête et constata que le corps de son ami gisait au sol, et que l’élémentaire s’approchait de lui, prêt à l’anéantir. Le guerrier chargea alors sur sa cible, puis, d’un bond héroïque, il fit face au géant de glace. Tout en tentant de protéger Lyzirio, le guerrier évita les assauts de son adversaire. Il profita d’une ultime esquive pour prendre un nouveau bond. Empoignant son marteau fermement de ses deux mains, Wars laissa toute sa force s’abattre sur le crâne de l’élémentaire, le fendant en deux. Une fois retombé au sol, il se tourna vers le chevalier de la mort qui grimaçait.

« Je vais bien, ne t’en fais pas. Allons tuer cette salope. » Lyzirio ramassa son épée et son bouclier. Lui et Wars rejoignirent leurs compagnons. Maintenant que son élémentaire avait été terrassé par l’Offensive, Jaina prit peur. Le combat lui échappait, elle le sentait. Alors que la vie commençait à s’échapper de son corps, la fille du vent salé puisa une dernière fois dans ses ressources pour repousser ses adversaires le plus loin possible d’elle, grâce à une nova de givre superpuissante. Cependant, si une telle nova aurait pu achever ses ennemis en temps normal, Jaina était bien trop faible. Sa nova ne fit que blesser les troupes de l’Offensive et les repousser aux confins de l’arène gelée.

« NON ! hurla-t-elle. Cela ne peut se finir ainsi ! » Jaina parvint alors à se téléporter sur son vaisseau et à s’échapper. Nathanos, qui combattait aux côtés de l’Offensive, se releva le premier. Il regarda d’un œil mauvais le vaisseau amiral quitter le champ de bataille, toutes voiles dehors. Jamais ils ne le rattraperaient, il le savait. Il se tourna alors vers nos compagnons.

« Portvaillant a réussi à s’échapper avec sa misérable vie. Toutefois, vous avez fait saigner l’Alliance. Rassemblez vos forces, héros, d’autres combats vous attendent. » Une chauve-souris de guerre de Fossoyeuse vint se poser. Le Flétrisseur grimpa dessus et s’envola.

Gorthael et ses compagnons se relevèrent tant bien que mal. Ils restèrent un moment, immobiles au milieu des flots gelés. Ils pouvaient apercevoir au loin que la mer commençait à reprendre vie.

« Nous devons retourner au bateau, leur dit Life. Je ne sais pas vous, mais je n’ai pas très envie de nager. » Tous rirent face à l’absurdité de la remarque du chaman. Ils se mirent malgré tout en route. Lyzirio, qui ne s’était toujours pas remis du choc de l’élémentaire, était soutenu par Wars et Vaarpen. Saphy ouvrait le chemin.

« Eh les mecs ! Ils sont toujours pris dans les blocs de glace. » Les trois chasseurs de démons commencèrent à libérer leurs compagnons prisonniers d’une glace qui commençait déjà à fondre.

« Elle est où cette pute ! hurla Välentin. Je vais lui apprendre à me congeler !

  • Välentin, l’arrêta Allaeria, elle est partie. Ça ne sert à rien. Allez viens, on rentre.

  • PARTIE ?! Comment ça « partie » ? Ah non, mais je suis pas d’accord moi. On peut pas venir foutre la merde comme ça et juste…partir ! 

  • Laisse tomber petit, lui-dit Canailloux en lui posant une main sur l’épaule.

  • Mais… »

Le jeune paladin bouda pendant tout le long du chemin du retour qui les mena au port de Zuldazar. Là, ils furent acclamés, accueillis en héros par une foule immense. La Princesse Talanji, ainsi que Sylvanas et Nathanos, les attendaient à la décente du bateau. Ils étaient des héros de la Horde, disait la Reine Banshee ; des héros de l’Empire zandalari, disait Talanji ; des héros « mais elle s’est quand même enfuie », disait Nathanos ; des héros, tout court, disait un jeune troll. Grinch fut intrigué par l’enfant qui était mouillé. Le druide lui demanda alors d’où il venait. L’enfant lui désigna la plage, un peu plus loin. « C’était très dangereux d’aller te baigner, tu sais. » Alors, le petit troll lui dit qu’il n’était pas aller se baigner, rendant Grinch perplexe. « N’embête pas le monsieur, Zi ». Ce nom ne lui était pas inconnu. Lorsqu’ils étaient arrivés au Grand Sceau pour venir en aide à leurs amis, Grinch avait entendu une histoire. Il était raconté qu’un jeune troll du nom de Zi avait été transformé en bloc de glace lors de l’arrivée de l’Alliance sur les rives zandalaris. Le druide reporta son attention sur l’enfant, qui lui souriait désormais. Alors il lui retourna son sourire, puis il inclina la tête en signe de respect pour le petit troll.


Chapitre quatre, le couronnement de la Reine

 

Quelques semaines après la mort du Roi Rastakhan et la fuite de Jaina, il était temps pour l’Empire zandalari de couronner une nouvelle reine.

Il était encore tôt, et le soleil était à peine levé lorsque Talanji fit son entrée dans la salle du trône. Sorann était assis au bord du précipice, scrutant l’horizon, il s’inquiétait du fait que ses compagnons restés à Uldir n’étaient toujours pas rentrés.

« Qu’est-ce qui tourmente votre esprit, Druide ? lui demanda Talanji alors qu’elle s’approchait de lui.

  • Bon nombre de nos amis sont restés à Uldir pour affronter G’huun. Or, des rumeurs courent sur la mort du dieu du sang. Mais aucun de nos amis n’est revenu.

  • Je comprends votre inquiétude, Talanji s’assit à côté de lui. Mon père avait coutume de dire qu’il ne fallait jamais perdre espoir dans que le vent soufflait et que le soleil se levait. Regardez, le soleil a déjà entamé sa course, et le vent fait bouger les feuilles des forêts de Zuldazar. N’ayez crainte. Ils font revenir.

  • Merci Princesse. Ou devrais-je plutôt vous appeler Reine. Ce n’est pas à vous de me réconforter, pas en ce jour qui marque votre couronnement.

  • Je ne suis pas sereine vous savez. J’ai entendu la gronde montée le long de la pyramide. Une menace plane toujours sur Zuldazar. Mais je ne sais pas d’où elle vient.

  • Nous allons enquêter, Sorann se releva. Votre couronnement sera un succès. Ma Reine.

  • Rasseyez-vous s’il vous plait, restez quelques minutes avec moi. Je connais le fonctionnement du couronnement. Je sais que je vais devoir affronter les épreuves de Loas afin de prouver ma valeur et d’obtenir leur bénédiction. Mais je ne veux pas être seule. M’accompagneriez-vous Sorann ? Marcherez-vous à mes côtés ?

  • Bien sûr ma Reine. Jamais je ne vous quitterais. Déjà lorsque nous étions enfants, je vous avais fait cette promesse lorsque nous combattions des chimères. Vous en souvenez-vous ?

  • Jamais je ne pourrais l’oublier, nous étions si jeunes et innocents. »

Talanji poussa un long soupir, une larme coulant sur sa joue alors qu’elle se remémorait sa tendre enfance sur les rives de Zuldazar. Elle posa sa tête sur l’épaule de Sorann. Ce dernier passa son bras autour de la Princesse pour l’attirée à lui. Ils restèrent de longues minutes à contempler la course du soleil, en silence.

Alors qu’elle se préparait dans sa chambre pour le couronnement, Sorann toujours sur le lit, un messager entra dans la pièce. Il ne prêta guère attention au druide qui tenta, tant bien que mal, de cacher rapidement son anatomie. Le messager informa Talanji que le couronnement risquait d’être perturbé par des mouvements de foule. Un soulèvement avait lui au moment même où ils parlaient, et des gardes royaux étaient pris à partie. Sorann se rhabilla à la hâte, il embrassa rapidement Talanji et l’informa qu’il allait prévenir les autres afin qu’ils trouvent la source de ces perturbations. Qu’elle ne s’inquiète pas, il serait de retour à ses côtés pour le couronnement. Il est dit en effet que jamais Sorann ne quitta Talanji. Et que même s’il n’était pas de sang royal, ses noces avec la Princesse seraient un jour prononcées en grandes pompes.

Le quartier général de l’Offensive se trouvait dans la voie Vaporeuse. L’on pouvait y entrer soit en passant par le repère des Tortollans, Tortoga, qui donnait sur le Port de Zuldazar, soit par la plage des Eaux dormantes. Gorthael, Thrazfon et Khadi avaient choisi cet endroit pour sa proximité avec le Port du Zuldazar mais également pour sa double entrée, ce qui pouvait leur permettre, en cas d’attaque, d’avoir une sortie de repli. De plus, Thraz aimait bien les Tortollans, il avait pris l’habitude de jouer aux cartes avec eux, tout en buvant et en mangeant.

Lorsque Sorann arriva au quartier général, presque tout le monde dormait. A part quelques assauts à repousser, de-ci de-là, Zandalar était plutôt calme depuis la fuite de Jaina Portvaillant. Avant de réveiller tout le monde, le druide tenait à s’entretenir avec son chef. Il le trouva qui scrutait la mer.

« Gorthael ! Une guerre civile est en train de se déclencher à Dazar’alor. J’ai l’impression qu’elle est attisée par quelques être malveillants qui veulent empêcher le couronnement de Talanji afin de servir leurs propres intérêts.

  • Es-tu sûr de ce que tu avances ?

  • Certain, j’étais présent quand le messager est venu la prévenir.

  • Ah oui ? Gorthael souleva un sourcil. A une heure aussi matinale ?

  • Euh…

  • Hahahah, ne t’en fais pas l’ami, ça restera notre petit secret. Va réveiller les autres, le Tombeur, on va aller voir de plus près ce qu’il se passe. »

Ils partirent en plusieurs petits groupes de six afin d’enquêter sur la cause du soulèvement. Le premier groupe, formé de Lyzirio, Vaarpen, Yokoko, Zaidka, Grinch et Wars, partit enquêter au Grand Bazar. Le deuxième groupe, composé des frères Eau-Calme ainsi que de Fistochicken, de Kolino et d’Allaeria, se chargea de Tal’Farrak. Le troisième groupe, comportant Boom et Hito, ainsi que Goodlife, Krabbz, Dokcina et Nävi, partit en territoire hostile à Tal’Aman. Le quatrième groupe, formé de Gorthael, Saphy, Honaka, Haatori, Life et Coxi, ratissa la Terrasse des Artisans. Enfin, il fut décidé que le dernier groupe allait assurer la protection de Talanji. Y furent assignés, les voleurs Hisoka et Arkhaam, Katro, Noazette, Välentin, et bien entendu, Sorann.

Alors que le groupe mené par Sorann arriva auprès de Talanji, de nombreux gardes ainsi que des émeutiers gisaient à terre, morts. La Princesse leur raconta ce qu’il s’était passé. Elle voulait qu’ils retrouvent les responsables de ces émeutes, sans cependant les tuer. Le sang avait trop coulé. Il fallait désormais trouver une solution pacifique de régler le problème. Seul le druide resta auprès de Talanji, les autres partirent prévenir leurs compagnons.

Ils venaient de partir lorsqu’ils se rendirent compte que les troubles venaient directement du Zocalo. Noazette réussit à obtenir beaucoup d’informations auprès des agitateurs qu’il parvenait à calmer. Un nom ressortait : la Massacreuse Malzon. Cette dernière voyait d’un mauvais œil l’alliance entre la Horde et les Zandalaris. En effet, elle pensait que la Horde était un cancer qu’il fallait anéantir. Välentin, Hisoka et Arkhaam entrèrent dans la maison de Malzon et tentèrent de la raisonner en vain. Noazette pris le relais, pendant que Katro gardait l’entrée afin que nul ne vienne troubler les négociations. Le chaman, qui était très sage, réussit à montrer à Malzon que la Horde n’était pas contre les Zandalaris. La Massacreuse finit par comprendre qu’elle avait été bernée. La Veuve Blanche lui avait mis de fausses idées dans la tête, afin de la monter contre la Horde et contre Talanji.

Alors que les compagnons de Sorann venaient de mettre au jour les machinations de cette mystérieuse Veuve-Blanche, le druide accompagnait Talanji pour son couronnement. Elle le présenta à son conseil, composé de Jo’nok, Loti, Lashk, Rakera, Raal et Rata, afin qu’il obtienne leur bénédiction, pour lui, mais également pour l’ensemble des membres de l’Offensive. Alors que la cérémonie de la bénédiction venait de commencer, Samara, la Veuve-Blanche, fit irruption dans le temple. Elle emprisonna tous les membres du conseil dans un cocon. Samara s’approcha de Talanji, bien décidée à assassiner la Princesse. Sorann s’interposa entre les deux et combattit la Veuve-Blanche et ses hordes d’araignées. Plutôt cocasse comme situation, sachant que le druide avait toujours eu une peur bleue des araignées. « Pourquoi fallait-il que ça soit des araignées ? »

Grâce à sa capacité à mettre des sarments sur les araignées de la Veuve, Sorann parvint à tuer Samara à coups d’éruption stellaire. Puis, il libéra, avec l’aide de Talanji, les membres du conseil qui purent lui accorder leur bénédiction. La cérémonie du couronnement pouvait commencer.

Alors que la Princesse affrontait, une à une les épreuves des Loas, l’ensemble des membres de l’Offensive observait la scène depuis le Zocalo. Au bout d’une heure, Talanji réapparut au sommet du temple zanchuli. Le peuple zandalari, et les membres de l’Offensive, au côté desquels se trouvaient Sylvannas et Nathanos, s’inclinèrent devant la nouvelle reine de l’Empire zandalari.

Une grande fête fut organisée en l’honneur de la Reine Talanji et de l’Offensive, car tous leur étaient reconnaissant d’avoir repousser l’Alliance. Le Mojo’ito coulait à flots et de nombreux buffets recouvraient le sol du Grand Bazar. L’air était rempli d’effluves d’alcool et de nourriture. Tous riaient, dansaient et chantaient. C’était un jour de fête et d’insouciance.

Une forme arriva au loin, c’était un elfe de sang. Talahtos était son nom. Il faisait partie de ceux qui étaient restés à Uldir pour combattre G’huun. Goodlife fut le premier à voir le chevalier de la mort approcher sur sa monture. Talahtos avait le corps marqué par les nombreux mois passés à combattre dans les cavernes d’Uldir. De grandes balafres entaillaient son visage, et il semblait souffrir de son bras gauche, comme si celui-ci était cassé.

« Gorthael ! Les mecs ! Talahtos est revenu ! Ils sont rentrés, nos amis sont de retour ! »

Tous accoururent auprès du chasseur de démons qui exultait. Cela faisait bien longtemps qu’ils n’avaient pas eu de nouvelles de leurs amis. Tant de fois l’inquiétude les avait envahis.

« Talahtos, mon ami ! l’enlaça Gorthael, provoquant un rictus de douleur sur le visage cristallin de l’elfe. Je suis si content de te voir. » Le Haut-Seigneur regarda par-dessus l’épaule de son ami. Cherchant des yeux d’autres visages familiers, et plus particulièrement ceux de Khadi et Thraz. Depuis cet épisode juste avant le combat contre Jaina, il n’arrivait pas à chasser de sa tête ce qu’il avait ressenti. Lorsque son regard se reporta sur Talahtos, son sourire s’évanouit, son regard s’obscurcit. Il comprit soudain. Personne d’autre ne rentrerait.